Gaza: Israël rejette la médiation internationale alors que le Cabinet se réunit
Les contacts sont gelés avec l'envoyé de l'ONU et l'Égypte au sujet d'un éventuel cessez-le-feu ; certains ministres préconiseraient une action militaire accrue contre le Hamas
Alors que les principaux ministres israéliens se réunissaient à Tel-Aviv lundi matin pour discuter de la dernière flambée de violence dans et autour de Gaza, qui menace de plonger la région dans la guerre, le gouvernement a rejeté les initiatives des médiateurs internationaux.
« Nous ne discuterons pas avec eux d’un cessez-le-feu », a déclaré un haut responsable israélien au Times of Israel, sous couvert de l’anonymat.
Après que plus de 400 roquettes et obus de mortier ont été tirés dans le sud par des terroristes dans la bande de Gaza en moins de 24 heures, Jérusalem a décidé de ne mener aucun dialogue à ce stade avec l’Égypte ou l’envoyé des Nations unies Nickolay Mladenov, qui voudraient faire le maximum pour désamorcer cette situation explosive.
Le cabinet de sécurité est en train de se réunir en fin de matinée au quartier général de l’armée à Tel-Aviv pour faire le point avec les militaires et discuter de la marche à suivre. La discussion devrait durer plusieurs heures et il est difficile de savoir si, en fin de compte, les ministres adopteraient la prochaine stratégie d’action.
Avant d’entrer dans la salle, plusieurs ministres auraient indiqué qu’ils étaient favorables à une intensification de la réponse militaire aux tirs de roquettes depuis Gaza.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré à plusieurs reprises ces derniers jours qu’il souhaitait éviter les « guerres inutiles », mais a également souligné qu’Israël n’avait peut-être pas d’autre choix qu’une vaste opération militaire à Gaza pour mettre fin aux tirs de roquettes contre les civils israéliens.
Il n’a pas fait de déclarations publiques sur la question depuis son retour de Paris lundi matin.
Avec le gouvernement du Caire, Mladenov, l’envoyé de l’ONU, participe depuis plusieurs semaines aux efforts visant à négocier un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas.
« L’#ONU travaille en étroite collaboration avec l’#Égypte et toutes les parties concernées pour s’assurer que Gaza s’éloigne du bord du gouffre », a-t-il ajouté lundi soir sur Twitter. « L’escalade des dernières 24 heures est EXTRÊMEMENT dangereuse et irresponsable. Les roquettes doivent s’ARRÊTER, la retenue doit être de mise pour tous ! Aucun effort ne doit être négligé pour inverser la spirale de la violence. »
Des alarmes à la roquette ont retenti dans tout le sud d’Israël lorsque l’aube s’est levée mardi matin, mettant fin à une brève accalmie nocturne, alors que des combats intenses entre Israël et Gaza entraient dans leur deuxième journée.
Des tirs de roquettes ont été signalés dans la ville côtière d’Ashkelon et dans des villes plus proches de la frontière de Gaza, dont Sderot. Deux maisons de la région d’Eshkol ont été touchées par des roquettes. Il n’y a pas eu de signalement de blessés dans l’immédiat.
A Ashkelon, qui a subi plusieurs bombardements lundi soir et mardi matin, une personne a été tuée lorsqu’un immeuble d’habitation a été frappé vers minuit. Selon les services d’urgence, huit autres personnes ont été blessées au cours de l’attaque, dont deux femmes dont le pronostic vital est engagé.
Six Gazaouis ont été tués lors de frappes aériennes israéliennes de représailles pendant la nuit et mardi matin. La plupart d’entre eux ont été revendiqués comme membres par des groupes terroristes.
Les porte-parole de la branche armée du Hamas, l’organisation terroriste qui dirige la bande de Gaza, ont menacé de lancer des roquettes plus profondément dans le territoire israélien si les combats continuaient, qualifiant les tirs sur Ashkelon « d’avertissement ».
« Environ un million de sionistes seront à portée de nos missiles si l’ennemi sioniste décide de poursuivre son agression », a déclaré un porte-parole.
Un autre porte-parole a déclaré mardi matin que si Israël continue ses bombardements sur Gaza, « Ashdod et Beer Sheva seront les prochaines cibles ».
Israël a lancé ses propres avertissements et a indiqué qu’il ne reculerait pas.
Le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, porte-parole militaire, a déclaré que l’armée avait envoyé des unités d’infanterie, des systèmes de défense antimissile et des unités de renseignement supplémentaires à la frontière de Gaza.
« Nous continuons de frapper et de riposter contre les cibles militaires appartenant à des organisations terroristes à Gaza, et quant à nos intentions, nous renforcerons ces efforts si nécessaire », a-t-il déclaré aux journalistes.
Le général de brigade Ronen Manelis, porte-parole de Tsahal, a tweeté : « Le Hamas connaît bien nos objectifs et le prix du conflit avec l’armée israélienne ».
L’armée israélienne a lancé une série de frappes contre des dizaines de cibles à l’intérieur de la bande de Gaza, y compris des bâtiments à plusieurs étages abritant un centre de renseignement militaire du Hamas et le siège de la chaîne de télévision al-Aqsa.
L’armée a également déclaré qu’elle avait ciblé trois tunnels d’attaque exploités par le Hamas et le Djihad islamique palestinien, les deux principales organisations terroristes dans la bande de Gaza.
Lundi soir, un grand nombre de chars de Tsahal et d’autres véhicules militaires ont été acheminés vers la frontière de Gaza à l’aide de gros camions. Plus tôt dans la journée, avant le début des bombardements, l’armée a également dépêché des bataillons d’infanterie supplémentaires dans la région.
Judah Ari Gross et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.
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