Le Hamas rejette l’offre de financement de l’Iran en guise de son soutien à Ryad
La proposition a divisé les dirigeants du groupe terroriste palestinien, mais le chef politique l’a refusé par peur d’offenser l’état saoudien
Le Hamas a rejeté une proposition de Téhéran visant à restaurer les liens suite à son soutien dans la bataille en cours avec l’Arabie Saoudite, a déclaré vendredi une source interne au groupe terroriste palestinien au journal panarabe Asharq al-Awsat.
Selon l’article, Khaled Qaddumi, le représentant du Hamas à Téhéran, a rencontré il y a deux semaines le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammed Javed Zarif.
Ce dernier a proposé de renouveler le soutien financier iranien au groupe sur une base régulière et selon ses besoins, à condition que le Hamas déclare son allégeance à l’Iran, suite à l’exécution début janvier du Sheikh Nimr al-Nimr par l’Arabie saoudite.
Selon les sources, la proposition a déclenché une dispute interne au Hamas.
Les dirigeants de l’organisation terroriste dans la bande de Gaza soutenaient la normalisation des liens avec Téhéran, alors que le chef du bureau politique basé au Qatar, Khaled Mashaal, était réticent à s’engager, craignant que le Hamas ne perde le soutien des États arabes sunnites. Finalement, selon l’article, Meshaal a officiellement rejeté la proposition de l’Iran.
« L’équation est simple : en tant que mouvement de libération, nous avons besoin du soutien de tout le monde », a déclaré un officiel du Hamas en Cisjordanie au journal. Il a souligné que le groupe « ne rejoindrait jamais une alliance contre le monde sunnite ».
Les relations entre le Hamas et l’Iran ont été secouées depuis que l’organisation palestinienne s’est exprimée publiquement contre le président syrien Bachar el-Assad, un allié clé des Iraniens, et a abandonné son quartier général de Damas lorsque la guerre civile a éclaté dans le pays en 2011.
Téhéran a graduellement cessé son soutien à l’organisation terroriste palestinienne. Il a également récemment été annoncé que l’Iran avait arrêté de soutenir le Jihad islamique palestinien, probablement à cause de sa position vis-à-vis du conflit au Yémen.
Le Hamas pourrait bien toujours percevoir de l’argent de l’Iran, mais de façon ponctuelle. L’organisation a récemment tenté de se rapprocher de la République islamique, et a même affirmé son soutien aux activités du groupe chiite Harakat al-Sabireen, qui bénéficie du soutien iranien.
Harakat al-Sabirin, qui se traduit par « le mouvement de ceux qui patientent », a rompu avec le Jihad islamique en mai 2014, et a des symboles presque identiques à ceux du Hezbollah, basé au Liban, et aux Gardiens de la révolution iraniens.
Le fondateur du groupe, Hisham Salim, a déclaré cette semaine à l’agence de presse Maan que le groupe, comme le Hezbollah, était directement financé par le gouvernement iranien, mais a souligné que son organisation n’était pas sectaire, pas religieuse, et certainement pas un « mouvement chiite ».
Lee Gancman a contribué à cet article.