Analyse

Le monde arabe étonnamment satisfait de la victoire de Trump

Beaucoup d’états arabes en veulent à Clinton pour son soutien au Printemps arabe et aux Frères musulmans en Egypte

Hillary Clinton, alors secrétaire d'Etat, rencontre le président égyptien Mohammed Morsi à New York, le 24 septembre 2012. (Crédit : Département d'Etat des Etats-Unis/Domaine public/WikiCommons)

Les réactions mercredi dans certaines parties du Moyen Orient à la victoire surprise de Donald Trump étaient peut-être aussi inattendues que sa victoire elle-même.

En Egypte, les dirigeants, dont le président Abdel-Fattah el-Sissi, avaient du mal à cacher leur satisfaction devant la défaite d’Hillary Clinton.

Selon les médias égyptiens, Sissi a été le premier dirigeant étranger à appeler Trump pour le féliciter. Il a souhaité bonne chance à Trump et a exprimé son espoir que son mandat entraîne un épanouissement des relations américano-égyptiennes.

Ce que Sissi n’a pas exprimé ouvertement, mais qui a été dit pour lui par l’un de ses proches au Parlement égyptien, Mustafa Bakri, était que la victoire de Trump était perçue comme « un coup porté aux Frères musulmans. »

Le président élu Donald Trump pendant son discours de victoire à New York, le 9 novembre 2016. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images via JTA)

Cette satisfaction se retrouve dans d’autres pays arabes, dont ceux du Golfe, et même en Arabie saoudite, qui n’ont pas oublié ou pardonné à Clinton et au président américain Barack Obama leur soutien au Printemps arabe.

Les dirigeants arabes n’ont jamais pu comprendre la position adoptée par Clinton, qui était alors secrétaire d’Etat, et a soutenu l’élection démocratique des Frères musulmans au Caire en 2012.

Les médias égyptiens publiaient mercredi des citations flatteuses de Trump sur Sissi, et décrivaient le « choc » dans les pays rivaux comme le Qatar, qui soutient les Frères musulmans.


L’un des articles décrivait en détail la donation d’un million de dollars du Qatar à la Fondation Clinton. Le journal qatari Al Arab, au contraire, décrivait la victoire de Trump comme un « séisme politique sans précédent ».

Dans les pays dit pro-Frères musulmans du Qatar et de la Turquie, la réaction a en effet été discrète, les deux pays adoptant une attitude attentiste sur la future politique de Trump au Moyen Orient.

L’Iran, pour sa part, ne paniquait certainement pas. Le général de brigade Hossein Salami, vice-commandant des Gardes de la révolution iraniens, a déclaré que l’élection de Trump ne signifiait pas nécessairement que les politiques de Washington envers l’Iran changeraient, même sur l’accord nucléaire que Trump a tant critiqué.

Une Iranienne passe devant une fresque dessinée su le mur de l’ancienne ambassade américaine à Téhéran, le 9 novembre 2016. (Crédit : AFP/Atta Kenare)

Les Palestiniens étaient cependant visiblement déçus.

L’Autorité palestinienne à Ramallah aurait préféré voir Clinton gagner et pousser Israël à la reprise des négociations de paix là où elles s’étaient arrêtées. Et pourtant, leur déception d’Obama a également eu un effet. Pendant huit ans, ils ont attendu un réel développement sous sa direction, et cela n’est jamais arrivé.

A présent, les Palestiniens pensent qu’il y a une possibilité qu’Obama initie une action politique spectaculaire, ou appuie leur cause devant le Conseil de sécurité des Nations unies pendant les deux derniers mois de son mandat.

Cependant, certains politiques palestiniens gardent espoir qu’un président républicain puisse les surprendre. Ils remarquent, en privé, que certains présidents républicains, comme George W. Bush, avaient adopté une position dure envers Israël et les implantations. Et ils affirment que Trump ne tiendra jamais sa promesse de campagne de déplacer l’ambassade américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem.

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