Le retour de la crise de l’électricité à Gaza replace le Hamas – et Israël – sur la sellette
Le groupe terroriste n’arrive pas à améliorer la situation des Gazaouis, et l’Etat juif pourrait en subir les conséquences
Deux semaines à peine après que la crise de l’électricité dans la bande de Gaza soit apaisée, et que soit évacuée, pouvait-on espérer, la menace d’une guerre dans un futur immédiat, les approvisionnements fournis en urgence sont sur le point de se terminer, soulevant une fois encore la possibilité que le Hamas initie une confrontation transfrontalière.
Ces derniers jours, la centrale électrique de Gaza a pu fournir de l’électricité pour remplacer celle coupée par Israël, à la demande du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, et assurer aux Gazaouis cinq heures d’électricité après 12 heures d’absence.
Jeudi, le carburant utilisé par la centrale électrique devait être épuisé, et aucun signe d’une nouvelle livraison égyptienne n’a été aperçu. La question à présent est de savoir comment les dirigeants du Hamas de Gaza réagiront à une nouvelle crise.
Le mouvement tentera-t-il de commencer les combats contre Israël pour détourner l’attention des problèmes internes, ou ses dirigeants préfèreront-ils littéralement s’asseoir et éviter la guerre ?
Jusqu’à présent, l’organisation semble en faire beaucoup pour améliorer ses relations avec l’Egypte et s’éloigner du conflit avec Israël.
La semaine dernière, le Hamas, pour la énième fois, a mis en place une zone tampon à la frontière entre la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï. Selon le groupe terroriste, personne n’a l’autorisation d’être dans une bande de 1,5 kilomètre après la frontière, ce qui nuit à la construction de tunnels.
Le chef du bureau politique du Hamas dans la bande de Gaza, Yahya Sinwar, considéré comme un extrémiste parmi les extrémistes de l’organisation terroriste, démontre un leadership exceptionnel et de la retenue.
Sinwar, comme Fathi Hamad, ministre de l’Intérieur du Hamas, préfèrent que les zones de conflit soient créées en Cisjordanie, contrôlée par l’Autorité palestinienne, pour protéger le règne du Hamas à Gaza de tout possible danger existentiel.
Hamad, Sinwar et d’autres comprennent que leur situation à Gaza est compliquée, et qu’ils doivent naviguer dans un labyrinthe de menaces externes et de défis internes, comme une économie à bout de souffle et la possibilité d’une popularité en déclin, pour rester au pouvoir.
L’organisation a promis aux Gazaouis, pendant la guerre de 2014 contre Israël, que leur situation s’améliorerait, mais n’a pas pu tenir cette promesse. Selon les données du Bureau palestinien des statistiques, le taux de chômage à Gaza est d’environ 67 % pour les jeunes de 20 à 24 ans, contre 30 % en Cisjordanie. C’est un chiffre glaçant pour le Hamas, qui montre que seul un jeune Gazaoui sur trois a un emploi rémunéré.
Le Hamas est assis sur une bombe à retardement, et, sans un retournement de situation spectaculaire, pourrait devoir choisir entre être dévoré par sa propre population mécontente, ou s’embarquer dans une autre aventure militaire contre Israël.