L’Egypte irritée par les liens naissants entre le Hamas et l’Etat islamique

Le Caire a appris que les combattants de l'EI blessés pendant les attaques dans le Sinaï sont entrés à Gaza par les tunnels

Les membres des forces de sécurité du Hamas patrouillant le long de la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte le 14 avril 2016 (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

Le Caire est furieux en raison de la coopération accrue entre le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui gouverne la bande de Gaza, et les forces affiliées à l’Etat islamique dans la péninsule du Sinaï, a appris le Times of Israel, en dépit des tentatives de ces derniers mois pour atténuer la tension entre l’Egypte et Gaza.

Dans un effort pour freiner cette collaboration, l’Egypte a fait savoir aux dirigeants du Hamas qu’il était au courant des liens entre ses membres dans la zone frontalière de Rafah et les commandants de l’Etat islamique dans la province du Sinaï.

Cette coopération a permis aux combattants blessés d’être amenés régulièrement dans la bande de Gaza pour être soignés et la mise en place d’une contrebande d’armes par la frontière. Il y a quelques jours, le Caire a découvert qu’un groupe de combattants blessés lors d’une attaque sur des soldats de l’armée égyptienne – ils plaçaient des explosifs sur la plage à Al-Arish – ont été transférés vers les hôpitaux de Gaza.

Des sources égyptiennes ont affirmé qu’ils sont probablement rentrés clandestinement dans la bande de Gaza, via des tunnels supervisés par l’aile militaire du Hamas, qui facilitent la connexion entre les deux groupes terroristes islamistes.

Cette évolution, très inquiétante pour les Égyptiens, a commencé il y a quelques mois, lorsque des membres importants de l’aile militaire du Hamas ont traversé la frontière entre la bande de Gaza et le Sinaï pour aider l’EI à mettre en place son infrastructure militaire.

Plusieurs d’entre eux ont emmené leurs familles avec eux et ont été impliqués dans l’entrainement des membres de l’EI à l’art de la plantation d’engins explosifs improvisés et au tir de missiles sur des chars.

Plusieurs ont même rejoint le groupe affilié à l’EI, la Province Sinaï, dont Muhammad Abu Shawish et Abed Al Wahad. Un autre membre important du Hamas, Nasser Judah, également originaire de Gaza, a été tué en combattant avec l’EI dans le Sinaï. En mai, le Times of Israël a identifié deux autres militants qui sont entrés dans le Sinaï comme Mohammed Sami et Mahmoud Zinet.

Des sources égyptiennes ont révélé qu’à chaque fois que Le Caire soulevait la question auprès des dirigeants du Hamas, ils receveaient la même réponse évasive : les membres qui aident l’EI sont tous d’anciens membres de l’organisation palestinienne.

Mais la dissimulation ne s’arrête pas là : les commandants de l’aile militaire du Hamas à Rafah accueillent régulièrement les commandants de la province du Sinaï. L’un des plus importants d’entre eux est Suleiman Al-Sawarka, dont la tribu, Al-Sawarka, faisait partie des fondateurs d’Ansar Bait al-Maqdess, qui a prêté allégeance à l’EI avant de prendre le nom de Province du Sinaï.

Al-Sawarka, qu’Israël et l’Egypte accusent d’avoir participé à un attentat à Taba en 2004 qui a fait 34 victimes, dont 18 Egyptiens, est arrivé dans la bande de Gaza, il y a environ deux mois et étaient en négociations avec de hauts responsables de l’aile militaire du Hamas.

Des sources égyptiennes soulignent qu’il est à Gaza avec la bénédiction de certains des officiers supérieurs du Hamas, y compris le commandant du sud de la bande de Gaza, Muhammad Shabbaneh, les chefs militaires du Hamas Muhammad Deif et Marwan Issa, et l’homme fort, Yehya Sinwar.

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