L’UER demande une Eurovision sans restrictions politiques ni religieuses
Les organisateurs ont insisté sur la nécessité que le gouvernement garantisse un accès illimité à Israël, la liberté d'expression, et des répétitions générales pendant Shabbat
Les organisateurs du concours de chant de l’Eurovision auraient envoyé une lettre qui conditionnerait l’accueil par Israël de son édition 2019 à une garantie gouvernementale que l’Etat juif accordera des visas, indépendamment des opinions politiques des visiteurs et qu’il laissera les concurrents organiser des répétitions générales pendant Shabbat.
Si ces demandes pourraient sembler banales et simples dans le cas de certains pays, elles peuvent, en Israël, forcer le gouvernement à changer certaines politiques actuelles et entraîner des affrontements avec les membres ultra-orthodoxes de la coalition.
Après que des représentants de l’Union européenne de radiodiffusion (UER) se sont rendus dans le pays, la semaine dernière, pour découvrir des sites éventuels pour le concours – les villes de Jérusalem, Tel Aviv et Eilat auraient été retenues – le directeur de l’instance a envoyé une lettre officielle au Premier ministre Benjamin Netanyahu contenant cette liste de demandes, a fait savoir la chaîne Hadashot lundi.
Un responsable du gouvernement – idéalement Netanyahu – doit ainsi s’engager à y répondre, a précisé le courrier de l’UER.
Israël doit, selon la liste, s’engager à délivrer des visas et à laisser les visiteurs voyager sans restrictions en Israël, et ce indépendamment de leurs penchants politiques.
Le gouvernement doit aussi accorder une liberté d’expression absolue à tous les participants ainsi qu’à toutes les délégations au cours de leur séjour et assurer la liberté de la presse, a noté la lettre.
Israël a adopté l’année dernière une loi permettant de refuser l’accès au territoire aux partisans des boycotts contre l’Etat juif ou contre ses implantations en Cisjordanie. Le pays a fait usage de cette loi, en arrêtant à l’aéroport Ben Gurion de nombreuses personnes soupçonnées d’activisme contre les actions israéliennes, notamment le journaliste américain reconnu Peter Beinart, dont l’interrogatoire a été qualifié « d’erreur » par Netanyahu.
Le courrier de l’UER a également demandé la levée de toute restriction religieuse sur l’organisation d’événements liés au concours pendant Shabbat, qui commence le vendredi soir et s’achève le samedi soir.
Les répétitions générales de l’Eurovision ont habituellement pendant Shabat, jour hebdomadaire de repos selon le calendrier juif, et les partis ultra-orthodoxes ont demandé à ce qu’elles soient reprogrammées en Israël. Ils ont menacé d’appeler à des élections anticipées sur un certain nombre de sujets, et notamment pour les travaux ferroviaires effectués le jour du Shabbat.
Le courrier a également réclamé que la chaîne publique Kan bénéficie d’une totale indépendance lors de l’organisation de la diffusion.
Tandis que les organisateurs ont estimé que leurs demandes étaient normales, une source gouvernementale qui a conservé l’anonymat aurait confié à Hadashot qu’il « semble que l’organisation est très suspicieuse » et qu’il y a une raison à cette demande de garantie de la part d’un responsable avait une .
Israël a remporté le concours de l’Eurovision pour la première fois en deux décennies le 12 mai lorsque Netta Barzilai est montée sur la première marche du podium avec son hymne féministe « Toy ».
Cette victoire de Barzilai octroie donc à Israël le droit d’organiser la prochaine édition de l’Eurovision – un événement qui devrait faire venir des milliers de fans et permettre une exposition mondiale de l’Etat juif.
Un conflit entre la chaîne publique Kan et le gouvernement sur le financement de l’Eurovision avait mis en doute l’organisation du concours au sein de l’Etat juif mais un accord de dernière minute conclu le mois dernier a semblé ouvrir la voie à l’accueil par Israël de la compétition.
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