Malaise à la Licra après des propos sur l’équipe de foot croate

Le message de la fédération parisienne de la Licra a 'consterné' la direction nationale de l'association antiraciste, qui réclame la démission de son bureau parisien

L'équipe de football croate à son arrivées à Zagreb, après la finale du Mondial 2018, le 16 juillet 2018. (Crédit : AFP/ATTILA KISBENEDEK)

Une équipe croate « dramatiquement uniforme » : un message de la fédération parisienne de la Licra fustigeant l’adversaire de la France en finale du Mondial a « consterné » la direction nationale de l’association antiraciste, qui réclame la démission de son bureau parisien.

Dans un message posté dimanche sur Facebook avant la finale remportée par les Bleus (4-2), la fédération parisienne de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme louait une équipe tricolore « multicolore, multi-ethnique » face à une sélection croate « dramatiquement uniforme ».

« Quand on connaît le passé historique de la Croatie, rien de surprenant ! », poursuivait la Licra-Paris. Et d’épingler un pays « adhérant en une époque funeste au culte du plus fort » jouant un football qui ne serait « riche que de lui-même ».

Ce texte a provoqué la colère de la direction nationale de la Licra qui a demandé son retrait, car « il ne ressemble pas à la Licra, à ses militants, à son histoire et à ses combats ».

De fait, le message a été supprimé et remplacé par un autre où était, cette fois, visée une équipe croate « entachée de nombreux dérapages, tant mafieux que verbaux ». « Et les dénoncer n’est en rien du racisme ni de la xénophobie », assurait la Licra-Paris.


Interrogée mardi par l’AFP, la direction nationale de la Licra s’est dit « consternée » par les propos de son antenne dans la capitale. « Ces propos ont libéré la parole de nos adversaires, de la ‘fachosphère' », a-t-on expliqué.

Mario Stasi, nouveau président de la LICRA, devant les militants de l’association réunis au Havre pour ses Universités d’Automne, en octobre 2017. (Crédit : autorisation Le Droit de Vivre – LICRA)

Dans la foulée, le président de la Licra, Mario Stasi, a demandé au président de la Licra-Paris, l’avocat David-Olivier Kaminski, de présenter sa démission et celle de son bureau.


Mais, interrogé par l’AFP, ce dernier a exclu de quitter ses fonctions, se disant fort du « soutien de tout (son) bureau ».

« Derrière certaines expressions maladroites, l’autre question est de savoir si on peut accepter les dérives racistes de cette équipe de football », a-t-il fait valoir. Et de citer la présence d’un chanteur ultranationaliste, accusé de sympathie pour le régime oustachi pro-nazi, dans le bus de l’équipe croate à son retour au pays.

Le régime oustachi d’Ante Pavelic, au pouvoir entre 1941 et 1945, a été responsable de la mort et de la persécution de centaines de milliers de Serbes, de juifs, d’opposants politiques croates et de Roms.

Plus généralement, Me Kaminski « et tout le bureau parisien » de la Licra accusent Mario Stasi de se « servir » de l’association pour régler des comptes en interne : « Et ça, ça n’est pas l’esprit fraternel de la Licra ».

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