Paris dit « non » à un « axe iranien » au Moyen-Orient
Jean-Yves Le Drian a demandé le départ des milices iraniennes présentes en Syrie
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a rejeté mardi tout « axe » iranien de la « Méditerranée à Téhéran ».
« La présence iranienne et la volonté iranienne de faire un axe de la Méditerranée à Téhéran, non ! », a-t-il martelé dans une émission spéciale sur la Syrie de Bachar al-Assad qui sera diffusée mardi soir sur la chaîne France 2.
Dans ce pays, « l’Iran apporte ses milices, soutient le Hezbollah (mouvement terroriste chiite libanais) », a-t-il rappelé. Le régime de Damas bénéficie aussi de l’appui militaire des Russes qui ont annoncé lundi le retrait d’une « partie significative » de leurs forces en Syrie.
En novembre, le chef de la diplomatie française s’était déjà attiré les foudres de Téhéran en dénonçant une « tentation hégémonique » iranienne au Moyen-Orient, du Liban au Yémen en passant par la Syrie et l’Irak.
La Syrie doit redevenir un « Etat souverain, c’est-à-dire indépendant des pressions, des présences d’autres pays », a insisté Jean-Yves Le Drian.
La montée en puissance de l’Iran chiite suscite de fortes tensions avec ses voisins sunnites et les interrogations de l’Occident.
A la différence des Etats-Unis, qui menacent de remettre en cause l’accord sur le nucléaire iranien, les Européens, France en tête, réclament son maintien mais demandent à Téhéran de revoir son programme balistique et d’avoir une stratégie régionale moins « agressive ».
Jean-Yves Le Drian a par ailleurs pointé la responsabilité de Moscou et Téhéran dans le processus de paix en Syrie.
« L’essentiel des acteurs dans cette affaire ce sont quand même la Russie et l’Iran. Il faut qu’elles mettent leur poids pour aboutir à une solution politique avec les autres membres du Conseil de sécurité » (Etats-Unis, Chine, France et Grande-Bretagne), a-t-il dit.
La Russie doit aussi faire pression sur le président Bachar al-Assad pour qu’il desserre l’étau autour de la Ghouta orientale, près de Damas, où des bombardements du régime ont tué près de 200 civils en novembre.
« Si on peut convoquer Bachar al-Assad à Sotchi (Russie), on peut aussi lui dire d’arrêter (de bombarder) et de permettre que l’aide humanitaire puisse être accessible à tous », a lancé Jean-Yves Le Drian.
Bachar-al Assad n’est « pas la solution » même si les Occidentaux ne font plus de son départ un préalable à toute négociation de paix, a-t-il enfin réaffirmé.
« On dit ‘on va attendre qu’il s’en aille’ mais il est là, il est soutenu ! C’est un barbare mais il est là », a souligné le ministre.
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