Pence à l’AIPAC : l’accord nucléaire iranien prendra fin s’il n’est pas modifié
Dans un discours faisant largement écho à celui prononcé devant la Knesset, le vice-président qualifie Trump de 'président le plus pro-israélien que le pays n'ait jamais eu'
Le vice-président américain Mike Pence a promis que les Etats-Unis se retireraient de l’accord nucléaire conclu entre l’Iran et six puissances mondiales dans les mois à venir, à moins que les législateurs ne prennent des mesures pour le corriger.
Il a aussi déclaré que le président américain Donald Trump était le président le plus pro-israélien que le pays n’ait jamais eu.
S’adressant à la conférence annuelle de politique générale du lobby pro-israélien AIPAC, Pence a également salué la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et a déclaré qu’une proposition de paix élaborée par l’administration ne compromettrait pas la sécurité d’Israël, dans un discours largement emprunté à une allocution qu’il avait prononcée devant la Knesset en janvier dernier.
S’exprimant après l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU Nikki Haley, qui a reçu un accueil très enthousiaste, Mike Pence a déclaré que M. Trump avait signé des renoncements aux sanctions en faveur de l’Iran pour donner aux négociateurs une chance de régler l’accord nucléaire, mais qu’il ne le ferait plus.
« Ne vous y trompez pas, c’est leur dernière chance. À moins que l’accord nucléaire iranien ne soit renégocié dans les mois à venir, les États-Unis d’Amérique se retireront immédiatement de l’accord nucléaire iranien », a déclaré M. Pence devant une salle comble à Washington.
« Les États-Unis d’Amérique ne permettront jamais à l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. »
L’accord nucléaire, conclu en 2015 entre l’Iran d’une part et les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Russie, la Chine et l’Allemagne d’autre part, a fait reculer le programme d’enrichissement nucléaire de Téhéran en échange d’un allégement des sanctions.
Trump a qualifié l’accord de « désastreux » et a juré de s’en retirer s’il n’était pas renégocié, positions reprises par Pence dans son discours.
M. Pence a fait référence à des clauses de temporarisation souvent critiquées dans l’accord qui expirent dans plusieurs années, en disant que, par conséquent, l’accord « reportait simplement à plus tard le jour où l’Iran pourra se procurer l’arme nucléaire ».
Il a également accusé l’Iran d’avoir dépensé 4 milliards de dollars rien que l’année dernière pour financer des groupes terroristes, y compris à la frontière israélienne, et a déclaré que la destruction d’un drone iranien qui a pénétré dans l’espace aérien israélien le mois dernier avait envoyé un message à la région : « Les provocations dangereuses ne seront pas ignorées d’Israël, des États-Unis ou de nos alliés », a-t-il déclaré.
Pence, un farouche parlementaire anti-avortement, a commencé son discours par un lapsus éloquent, qualifiant Trump de « président le plus pro-vie… pro-israélien ». La gaffe a fait rire le public.
Bien qu’il ait explicitement qualifié Jérusalem de capitale d’Israël, il a déclaré que l’administration ne prenait pas parti sur les questions de statut final, comme les Palestiniens l’en ont accusé.
« Cette décision est dans le meilleur intérêt de la paix », a-t-il dit.
Il a également évoqué les perspectives de soutien de l’administration à une solution à deux états avec les Palestiniens, si les deux parties y consentent, mais a déclaré que la sécurité d’Israël n’était pas négociable.
« Bien que tout accord exige un compromis, les États-Unis ne compromettront jamais la sûreté et la sécurité de l’État juif d’Israël », a-t-il déclaré.
« Nous savons que la paix est possible », a-t-il ajouté, soulignant les accords signés avec l’Égypte et la Jordanie.
Le vice-président a terminé son discours en évoquant l’Holocauste et les 6 millions de « martyrs… qui ont traversé la vallée des ombres de la mort, se sont levés pour réclamer un avenir juif et construire un État juif. »
Un tweet avec un message similaire, mais utilisant également le mot « résurrection », envoyé après la visite de Yad Vashem en janvier, avait suscité des critiques pour avoir porté des connotations chrétiennes.
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