Yémen : le pays le plus pauvre du Moyen-Orient
Plus des trois quarts des 22 millions d'habitants du pays dépendent de l'aide humanitaire pour survivre
Ravagé par la guerre, en proie à la « pire crise humanitaire au monde », selon l’ONU, le Yémen est aussi le pays le plus pauvre du Moyen-Orient.
Englué dans le conflit
La conquête en septembre 2014 de la capitale Sanaa par les rebelles Houthis a été suivie en mars 2015 par l’intervention d’une coalition menée par l’Arabie saoudite pour soutenir militairement le pouvoir. Originaires du nord du Yémen, les rebelles Houthis, issus de la minorité zaïdite, une branche du chiisme, sont appuyés politiquement par l’Iran qui nie toutefois leur fournir une quelconque aide militaire.
La guerre a fait quelque 10 000 morts, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Deux millions de personnes ont été déplacées.
Mais les groupes de défense des droits de l’Homme affirment que le nombre réel de victimes pourrait être cinq fois plus élevé.
Outre le conflit entre les Houthis et les forces loyales au président Abd Mansour Rabbo Hadi, des affrontements ont aussi éclaté entre un mouvement séparatiste sudiste et les forces progouvernementales.
Les jihadistes d’Al-Qaïda et du groupe Etat islamique (EI) sont aussi actifs au Yémen et ont commis plusieurs attentats meurtriers ces dernières années. Les Etats-Unis mènent régulièrement des frappes de drones contre Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa).
Désastre humanitaire
En octobre 2018, les Nations unies ont réaffirmé que la situation humanitaire au Yémen était « la pire au monde ». Selon l’ONU, 8,4 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire grave ».
« Dans le pire cas, ce chiffre de 8,4 millions pourrait augmenter de 5,6 millions, mettant le nombre total de personnes au Yémen en conditions de pré-famine à 14 millions », toujours selon l’ONU.
Selon une estimation publiée par Save The Children, 85 000 enfants seraient morts de faim ou de maladie depuis l’intensification de la guerre en 2015. D’autres ont été tués dans les combats.
Le plus pauvre du Moyen-Orient
L’économie du Yémen, pays le plus pauvre du Moyen-Orient, s’est totalement effondrée. La production de pétrole et de gaz est à l’arrêt. Le riyal, la monnaie locale, a perdu plus de 36% de sa valeur en 2018, malgré un dépôt saoudien de deux milliards de dollars à la Banque centrale.
La chute du riyal a provoqué une forte hausse des prix des produits de base, en particulier des denrées alimentaires. Plus des trois quarts des 22 millions d’habitants du pays dépendent de l’aide humanitaire pour survivre.
Patrimoine en péril
Situé dans le sud-ouest de la péninsule arabique, le Yémen est le pays de la légendaire civilisation de Saba. Connu sous le nom d’Arabia Felix (Arabie heureuse), ancienne appellation datant de 400 av. J.C., il regorge de trésors architecturaux.
Mais la vieille ville de Sanaa, inscrite depuis 1986 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, est désormais considérée en péril en raison du conflit.
Édifiée dans une vallée au milieu des montagnes, Sanaa était au VIIe et VIIIe siècles un important centre de propagation de l’islam, avec plus de 100 anciennes mosquées.
L’ancienne ville fortifiée de Shibam (est), appelée « Manhattan du désert » en raison de ses maisons-tours, et la ville historique de Zabid (ouest) font également partie du patrimoine en péril.
Le qat
Mâcher du qat, plante euphorisante, est une habitude ancestrale au Yémen, même si certains hommes politiques dénoncent les problèmes environnementaux, sociaux et économiques causés par cette plante, dont la culture assèche le pays, déjà l’un des plus arides au monde.
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