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Gil Messing retire sa candidature au poste de porte-parole de Tsahal

Le candidat a déclaré qu'il ne voulait pas que la polémique entourant son activité autour d'une enquête pour corruption en 2015 ne nuise à la réputation de l'armée

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Gil Messing, qui était pressenti pour devenir porte-parole de Tsahal, dans une photo non datée. (Crédit : Sigal Naftali Kessel/Armée israélienne)
Gil Messing, qui était pressenti pour devenir porte-parole de Tsahal, dans une photo non datée. (Crédit : Sigal Naftali Kessel/Armée israélienne)

Gil Messing a retiré dimanche sa candidature pour le poste de porte-parole de l’armée israélienne, à la suite d’une polémique qui a enflé le mois dernier après qu’il est apparu qu’il avait agi comme agent de la police dans l’enquête pour corruption de Yisrael Beytenu en 2015.

Messing n’était pas un suspect de l’enquête, ni n’a été accusé d’aucun délit. Lors de l’enquête, il a enregistré un ami et collègue, Moshe Ronen, suspect dans l’affaire, ce qui a conduit à sa condamnation.

Âgé de 35 ans, Messing a déclaré qu’il a travaillé au nom de la police par sens du devoir civique. Le bureau du procureur d’Etat a déclaré que son aide dans l’affaire « mérite d’être appréciée ».

Pourtant, quand le journal Haaretz  a fait état de ce rôle, jusqu’alors inconnu dans l’affaire de corruption, sa nomination déjà polémique pour le poste très sensible et important a rapidement été remise en question.

Au-delà de son jeune âge et de son manque relatif d’expérience militaire, Messing, qui est proche du chef d’état-major, le général Aviv Kohavi, était déjà un choix polémique pour ce poste, car il avait un passé dans la politique, ayant travaillé comme porte-parole de l’ancienne ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni pendant plusieurs années. En général, l’armée cherche à éviter le moindre soupçon de prise de position politique.

L’armée avait annoncé le 29 avril que Messing était pressenti pour succéder au général Ronen Manelis en tant que porte-parole. La nomination avait été approuvée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui est aussi le ministre de la Défense. Le lendemain soir, Haaretz a révélé le rôle de Messing dans l’enquête de la police en 2015.

Le chef de Yisrael Beytenu Avigdor Liberman lors d’un événement du parti au musée des terres de la bible de Jérusalem, le 15 avril 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le lendemain, le site d’information Ynet a annoncé que Messing avait aussi enregistré, à leur insu, d’autres responsables dans l’enquête qui visait le parti Yisrael Beytenu, dont son chef, alors ministre des Affaires étrangères, Avidgor Liberman. Celui-ci est maintenant un candidat potentiel au poste de ministre de la Défense et pourrait devenir le supérieur de Messing. Aucune preuve d’une quelconque malversation n’a pu être trouvée contre Liberman lors de l’enquête.

Dimanche, Messing a envoyé une lettre à Kohavi pour l’informer qu’il ne souhaitait plus être candidat au poste de porte-parole afin que son histoire personnelle ne « soit pas utilisée comme un outil de pression contre le chef d’état-major ou Tsahal ».

Dans son courrier, Messing a déclaré qu’immédiatement après l’annonce de sa nomination, « une chasse aux sorcières a commencé pleine de mensonges et de manipulations, qui ont cherché à salir mon nom et mes motivations. Je ne pouvais pas, et ne pourrais pas, rester sans rien faire devant ces efforts qui me visent moi, ma famille, le chef d’état-major et la fonction du porte-parole de Tsahal, seulement parce que j’ai accepté un poste civil ».

Dans un communiqué, Kohavi a déclaré qu’il avait « tristement » accepté la décision de Messing de retirer sa candidature.

« Le chef d’Etat major a souligné qu’aider la police et les institutions de l’Etat compte parmi les responsabilités civiques qui s’imposent aux citoyens d’Israël », a déclaré l’armée israélienne.

Dans sa lettre, Messing a déclaré que malgré le prix personnel qu’il paie pour son rôle dans l’affaire de corruption Yisrael Beytenu, il pense toujours que des « citoyens respectant la loi devraient aider la police sans autre intérêt que le bien public ».

Kohavi n’était pas au courant de l’implication de Messing dans l’enquête avant l’article d’Haaretz.

Aviv Kohavi, le nouveau chef de l’armée israélienne, reçoit ses épaulettes du premier ministre Benjamine Netanyahu et de sa femme Yael, lors d’une cérémonie le 15 janvier 2019, au quartier général du ministère de la Défense à Tel Aviv. (JACK GUEZ / AFP)

L’enquête de trois ans focalisé sur Yisrael Beytenu, connue sous le nom de l’Affaire 242, est l’une des affaires de corruption publique les plus importantes dans l’histoire d’Israël. L’enquête tentaculaire a révélé un système de pots-de-vin très étendu impliquant des politiciens nationaux et locaux, mais aussi des organisations non-gouvernementales et des entreprises privées.

Elle est devenue publique en décembre 2014 avec l’arrestation de 36 fonctionnaires en exercice et à la retraite. Les arrestations sont intervenues environ quatre mois avant les élections de 2015, qui ont vu Yisrael Beytenu diminuer à six sièges. Des membres du parti avaient alors affirmé qu’il s’agissait d’une chasse aux sorcières politique.

Le plus important responsable touché par l’enquête était l’ancien ministre du Tourisme et député Yisrael Beytenu Stas Misezhnikov, qui a commencé à purger une peine de 15 mois de prison en octobre après qu’il a été reconnu coupable d’avoir tenter de trouver un emploi à sa maîtresse en 2012, en finançant un festival étudiant à Eilat sur les fonds de son ministère.

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