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A lire : La dissertation de Ruth Bader rédigée quand elle avait 13 ans

Alors adolescente, la juriste avait écrit une lettre exhortant les fidèles à se débarrasser de la haine et du préjudice

La juge de la Cour suprême américaine Ruth Bader Ginsburg (Crédit : Autorisation du gouvernement américain)
La juge de la Cour suprême américaine Ruth Bader Ginsburg (Crédit : Autorisation du gouvernement américain)

Même adolescente, la juge de la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg n’avait pas peur de dire ce qu’elle pensait.

La juriste juive, qui a récemment été critiquée pour ses déclarations désapprobatrices à l’égard du candidat républicain Donald Trump, a écrit un essai dans le bulletin de sa synagogue quand elle avait 13 ans où elle exhortait les fidèles à se débarrasser de la haine et des préjugés.

La dissertation a été publiée dans le nouveau livre de Ginsburg « My Own Words » (Éditions Simon & Schuster), qui contient ses discours et ses écrits ainsi que ses réflexions sur son enfance passée dans le quartier de Midwood à Brooklyn.

Ginsburg (alors connue sous son nom de jeune fille Bader) fréquentait aussi bien les synagogues réformées qu’orthodoxes quand elle était enfant, révèle le livre, avant que sa famille n’intègre le Conservative East Midwood Jewish Center.

Petite, elle se demandait pourquoi les garçons célébraient leur bar mitzvah à 13 ans, alors qu’ « il n’y avait pas de cérémonie comparable pour moi », une incompréhension qui pourrait l’avoir influencé dans sa vocation : celle d’avocate pour l’égalité entre les sexes.

Dans la dissertation du 2 juin 1946, Ginsburg parle des cicatrices profondes que la communauté juive avait subi pendant la Seconde Guerre mondiale, qui s’était terminée moins d’un an plus tôt, tout en exhortant les fidèles à ne pas être victime de la haine et des préjugés.

La jeune Ginsburg écrit :

Un peuple

La guerre a laissé une traînée sanglante et beaucoup de profondes blessures qui ne se guérissent pas facilement. Beaucoup de gens ont fini avec des cicatrices qui prennent beaucoup de temps à s’effacer. Nous ne devons jamais oublier les horreurs que nos frères ont subies à Bergen-Belsen et d’autres camps de concentration nazis.

Mais, cependant, nous devons sérieusement essayer de comprendre que pour les Personnes Justes, la haine et les préjugés ne sont ni bons ni des compagnons bons.

Rabbi Alfred Bettelheim a dit : « le préjudice nous sauve d’une difficulté douloureuse, la difficulté de penser ». Dans notre terre bien-aimée, les familles n’ont pas été dispersées, les communautés n’ont pas été effacées, ni notre nation détruite par les ravages de la guerre mondiale.

Pourtant, osons-nous nous mettre à l’aise ? Nous faisons partie d’un monde dont l’unité a été presque complètement détruite. Personne ne peut se sentir libéré du danger et de la destruction jusqu’à ce que les nombreux fils déchirés de la civilisation soient à nouveau tissé ensemble. Nous ne pouvons pas nous sentir en sécurité jusqu’à ce que chaque nation, indépendamment des armes ou de la puissance, se réunisse ensemble de bonne foi, que les gens soient digne d’une association mutuelle.

Il peut y avoir un monde heureux et il y aura un encore une fois, quand les hommes créeront un lien fort avec l’autre, un lien indissoluble [qui ne sera pas détruit] par un préjugé étudié ou une circonstance passagère. Alors et seulement alors aurons-nous un monde construit sur la base de la Paternité de Dieu et dont la structure est la Fraternité de l’Homme.

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