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À Téhéran, de célèbres fresques antiaméricaines tirent leur révérence

De nouvelles peintures murales doivent être "dévoilées à l'occasion de (l'anniversaire) de la prise de l'ambassade des Etats-Unis autour du 4 novembre", indique l'agence Fars

Une Iranienne promène son chien devant une fresque sur le mur de l'ancienne ambassade américaine à Téhéran, le 9 novembre 2016. (Crédit : AFP/Atta Kenare)
Une Iranienne promène son chien devant une fresque sur le mur de l'ancienne ambassade américaine à Téhéran, le 9 novembre 2016. (Crédit : AFP/Atta Kenare)

Les célèbres fresques antiaméricaines exaltant la Révolution islamique sur l’enceinte de l’ex-ambassade des Etats-Unis à Téhéran ont été effacées pour faire place à de nouvelles peintures devant être dévoilées pour le 40e anniversaire de la prise en otages des diplomates qui y travaillaient.

Dans l’après-midi dimanche, trois ouvriers étaient occupés à détruire ces peintures à l’aide d’un compresseur pulvérisant un mélange d’eau et de sable sur le mur de l’avenue Taleqani bordant le côté sud de l’ancien « nid d’espions » dans le centre de la capitale iranienne.

Exit la statue de la Liberté au visage de tête de mort sur fond de drapeau américain dont les bandes blanches et rouges se prolongent en clôture de barbelés emprisonnant l’Iran.

Ou encore ce revolver aux couleurs américaines sur un fond d’étoiles à huit branches, si souvent pris en photo derrière des passants qu’il semble menacer.

De nouvelles peintures murales doivent être « dévoilées à l’occasion de (l’anniversaire) de la prise de l’ambassade des Etats-Unis autour du 4 novembre », indique l’agence Fars, proche des ultraconservateurs, citant Bahram Amini, directeur du musée du 13-Aban, installé à l’intérieur de l’ancienne mission diplomatique.

Le 13 du mois d’aban correspond dans le calendrier persan au 4 novembre, date à laquelle l’Iran entend célébrer cette année, sur fond de tensions exacerbées avec le « Grand Satan » américain, le 40e anniversaire du début de l’occupation de l’ambassade des Etats-Unis par des étudiants islamistes.

Pour M. Amini, « il était nécessaire de (…) mettre à jour » les fresques, « dessinées il y a plusieurs décennies ».

Conçues par des étudiants du Bassij (mouvement paramilitaire de volontaires islamiques), « les nouvelles peintures (sont) parfaitement antiaméricaines », a-t-il assuré à Fars.

Démarrée le 4 novembre 1979, moins de neuf mois après le triomphe de la révolution ayant chassé le dernier chah d’Iran, la prise d’otages à l’ambassade des Etats-Unis s’achèvera 444 jours plus tard avec la libération de 52 diplomates américains.

La crise entraînera la rupture des relations diplomatiques entre Téhéran et Washington en 1980.

Celles-ci n’ont toujours pas été rétablies et les tensions n’ont cessé de croître depuis le retrait unilatéral des Etats-Unis en mai 2018 de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015, suivi du rétablissement de lourdes sanctions américaines qui asphyxient l’économie iranienne.

Institutrice d’une cinquantaine d’années, Mme Beigui trouve que les peintures de l’ambassade sont utiles pour faire « émerger la mémoire » de la Révolution.

« Quand la Révolution a eu lieu, j’étais écolière. Les peintures sur le mur permettaient de me ramener à l’esprit le souvenir de cette époque », raconte-t-elle.

« J’aimerais que ce mur conserve au moins une de ces (anciennes) fresques. Si elles doivent être changées, il faut en laisser au moins une au nom de la mémoire de ces temps-là », abonde Mme Beigui, qui voudrait aussi des couleurs plus vives pour insuffler « une énergie positive » aux enfants passant devant le mur.

Sceptique, Amir Hossein, la vingtaine, s’interroge : « Les peintures sont sans effet (…) pour notre économie. Que veulent-ils prouver avec ces peintures ? Que cherchent-ils à prouver en les enlevant ou en les changeant ? », dit à l’AFP cet employé d’une boutique au bazar.

Mohammad, jeune livreur, estime lui « qu’il ne devrait y avoir que des peintures de paix et d’amitié ».

« Paix et amitié avec le peuple américain, pas avec leur gouvernement », précise-t-il : « Notre gouvernement a des problèmes avec leur gouvernement, mais nous n’avons aucun problème avec le peuple américain ».

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