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Abbas veut un « régime de protection internationale » pour les Palestiniens

Le président de l'AP dit que Ramallah continuera de s'adresser à la CPI et se moque de l'incapacité de la communauté internationale

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU le 28 octobre 2015 (Crédit photo: Fabrice Coffrini/ AFP)
Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU le 28 octobre 2015 (Crédit photo: Fabrice Coffrini/ AFP)

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a exhorté mercredi le Conseil de sécurité des Nations unies à créer de toute urgence « un régime de protection internationale du peuple palestinien » en demandant à la communauté internationale d’imposer une solution à deux Etats et en mettant en garde contre le fait que le temps commence à manquer.

S’exprimant devant le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies à Genève, Abbas a également déclaré que Ramallah poursuivra ses efforts pour créer un Etat, qui comprennent l’adhésion à la Cour pénale internationale, et a rejeté l’idée de toute tentative de parvenir à un accord de paix provisoire avec Israël.

« Je m’adresse au Conseil de sécurité, qui plus que jamais est prié de mettre en place un régime de protection internationale pour le peuple palestinien immédiatement et de toute urgence », a déclaré Abbas, lors d’une session exceptionnelle du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, demandée par les Palestiniens.

« Il est essentiel que chacun assume ses responsabilités avant qu’il ne soit trop tard, je pense notamment aux Nations unies (…) et aux Etats membres de l’ONU et qu’ils établissent un régime de protection pour le peuple palestinien », a déclaré Abbas, ajoutant que son peuple « ne pouvait supporter plus longtemps ces attaques » d’Israël.

« Protégez-nous, protégez-nous. Nous avons besoin de vous », a-t-il lancé.

Il a également appelé, une nouvelle fois, le Conseil de sécurité à établir un calendrier pour un retrait israélien de la Cisjordanie, après une tentative avortée près d’un an plus tôt.

« Est-ce trop demander ? Est-ce trop ? N’est-il pas grand temps pour la communauté internationale de passer de simplement parler de la justice de la cause palestinienne à prendre des mesures pratiques et des mesures qui pourraient servir la justice du peuple palestinien », s’est-il interrogé.

Le discours d’Abbas devant le conseil est survenu alors qu’Israël et les Palestiniens se sont engagés dans un nouveau cycle de violence, qui a donné lieu à des attaques au couteau quasi-quotidiennes et ainsi que d’autres types d’attaques menées par des Palestiniens et des affrontements généralisés en Cisjordanie.

Abbas a ajouté qu’il a appelé à une « résistance populaire pacifique » mais a fait porter la responsabilité des affrontements sur ‘l’occupation israélienne’ et le manque d’action de la communauté internationale.

« Le soulèvement de notre peuple en colère et les événements successifs récents sont la conséquence inévitable de ce contre quoi nous avions déjà mis en garde… ainsi que l’échec de la communauté internationale de remédier à cette injustice », a-t-il ajouté.

S’exprimant avant Abbas devant les membres du Conseil, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Raad Al Hussein, a estimé que la crise entre Israël et Palestiniens était « extrêmement dangereuse » et allait mener à une « catastrophe » si rien n’est fait pour que cessent immédiatement les violences.

« La violence entre Palestiniens et Israéliens va nous amener à la catastrophe si elle ne cesse pas immédiatement », a déclaré Zeid.

Une grande partie de la violence vient des allégations des palestinienes qu’Israël ne maintenait pas ses engagements sur le mont du Temple à Jérusalem, à la mosquée Al-Aqsa, une affirmation qu’Abbas a répétée, en disant qu’Israël la profanait « chaque seconde » et menait des fouilles illégales sous le site sacré.

Prince Zeid Raad Zeid Al-Hussein (Crédit : capture d'écran YouTube)
Prince Zeid Raad Zeid Al-Hussein (Crédit : capture d’écran YouTube)

Abbas a également réitéré une menace à l’Organisation des Nations unies un mois plus tôt d’annuler les accords d’Oslo de 1993 si Israël ne respectait pas ses engagements, comme il prétend qu’Israël ne le fait pas. Il a également rejeté l’idée de toute négociation sur le statut non-final d’un Etat.

« Nous rejetons toute solution provisoire ou partielle », a-t-il précisé.

Il a appelé Israël à libérer le quatrième groupe de prisonniers arabes, libération convenue dans le cadre des négociations de paix menées États-Unis qui se sont effondrées en 2014, et à geler la construction des implantations, en avertissant que le temps était compté pour parvenir à un accord de paix.

« Cela pourrait être la dernière chance pour cette solution. C’est peut être la dernière chance. Après cela, qui sait ce vent du changement apportera », a-t-il mis en garde. « Ne poussez pas mes gens vers plus de désespoir ».

Abbas a également critiqué le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour ses propose suggérant que le chef religieux palestinien de la Seconde Guerre mondiale, Hadj Amin al-Husseini, l’ancien grand mufti de Jérusalem, avait persuadé les nazis de mener à bien la politique d’extermination de 6 millions de Juifs.

Il a qualifié ces allégations « fausses, mensongères et sans fondement » et a ajouté qu’elles manipulent les sentiments des Juifs à propos du « crime le plus horrible connu dans l’histoire moderne commis par les nazis ».

L’AFP a contribué à cet article.

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