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Amnesty demande à Pékin de reconnaître qu’il interne les musulmans

Les Ouïghours et d'autres minorités musulmanes sont punis pour avoir contrevenu aux lois interdisant le port de la barbe et des burqas, et pour possession de corans non autorisés

Des musulmans de la province de Xinjiang en Chine se réunissent pour la prière pendant le Ramadan en mai 2017 (Capture d'écran : YouTube)
Des musulmans de la province de Xinjiang en Chine se réunissent pour la prière pendant le Ramadan en mai 2017 (Capture d'écran : YouTube)

Amnesty International (AI) a appelé la Chine lundi à faire la lumière sur la « répression massive » dont seraient victimes jusqu’à un million de membres de minorités musulmanes dans la vaste région du Xinjiang, dans le nord-ouest chinois.

La région est l’objet d’une sévère reprise en mains politique ces dernières années, à la suite d’une série d’attentats meurtriers attribués à des islamistes ou à des indépendantistes musulmans.

La situation a conduit le gouvernement à durcir de façon draconienne l’encadrement des pratiques religieuses et les contrôles policiers.

Pékin est accusé par les défenseurs des droits de l’Homme d’y avoir ouvert des « centres de rééducation » pour les personnes soupçonnées d’intentions hostiles. La plupart seraient des Ouïghours ou des Kazakhs, les principales ethnies musulmanes du Xinjiang.

Dans son nouveau rapport, qui comprend des témoignages de personnes internées dans des camps, Amnesty accuse Pékin de mener « une campagne gouvernementale d’internements de masse, de surveillance intrusive, d’endoctrinement politique et d’assimilation culturelle forcée ».

Les Ouïghours et autres minorités musulmanes sont punis pour avoir contrevenu aux lois interdisant le port de la barbe et des burqas, et pour possession de corans non autorisés, ajoute l’ONG.

La Chine a été accusée en août, devant un comité des droits de l’homme de l’ONU à Genève, de détenir ou d’avoir détenu un million de personnes dans ces centres. Bon nombre sont internés pour des délits aussi mineurs que le fait d’avoir pris contact avec des proches vivant à l’étranger ou échangé des salutations sur les réseaux sociaux à l’occasion de fêtes musulmanes.

L’AFP n’est pas en mesure de confirmer ce chiffre.

« Des centaines de milliers de familles ont été déchirées par cette répression massive », a déclaré dans un communiqué Nicholas Bequelin, directeur d’AI pour l’Asie de l’Est.

« Ils cherchent désespérément à savoir ce qu’il est advenu de leurs proches et il est grand temps que les autorités chinoises leur apportent des réponses. »

Pékin dément toutes ces accusations mais des éléments de preuve sur l’existence des camps commencent à s’accumuler, sous la forme de documents officiels et de témoignages de personnes ayant réussi à s’échapper.

Il semblerait que Pékin fasse interner de vastes groupes dans un réseau de camps extrajudiciaires à des fins d’endoctrinement politique et culturel à une échelle plus vue depuis l’ère maoïste.

Amnesty a interviewé plusieurs anciens détenus qui ont raconté avoir eu des fers aux pieds, avoir été torturés, forcés à chanter des chants politiques et apprendre l’histoire du Parti communiste.

Ces derniers mois, des journalistes étrangers et d’autres organisations défense des droits ont recueilli des témoignages similaires.

AI a également appelé le monde demander des comptes à Pékin pour le « cauchemar » du Xinjiang.

La semaine dernière, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a dénoncé des « camps de rééducation » qui soumettent les Ouïghours à « un endoctrinement politique strict et d’autres abus horribles ».

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