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Amona : Un activiste juif de droite accusé d’incitation à la violence

Un jury a annulé l'acquittement de Dor Oved, 27 ans, après avoir examiné les menaces qu'il avait proférées sur WhatsApp lors de la démolition de l'avant-poste

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Les forces de police arrêtent des manifestants dans l'avant-poste illégal d'Amona, le 1er février 2017, lors de l'évacuation du campement. (Hadas Parush/Flash90)
Les forces de police arrêtent des manifestants dans l'avant-poste illégal d'Amona, le 1er février 2017, lors de l'évacuation du campement. (Hadas Parush/Flash90)

Un activiste d’extrême droite a été reconnu coupable d’incitation à la violence avant l’évacuation en 2017 de l’avant-poste d’Amona en Cisjordanie, a déclaré mardi le tribunal de district de Jérusalem.

Le collège de trois juges a accepté l’appel interjeté par le bureau du procureur du district de Jérusalem, annulant une décision prise il y a plus d’un an par le tribunal d’instance de la ville pour acquitter Dor Oved. À l’époque, le tribunal n’avait pas jugé crédibles les menaces proférées par le jeune homme de 27 ans.

Les accusations étaient basées sur des messages envoyés par Oved sur WhatsApp à un groupe de militants protestant contre l’évacuation d’Amona en février 2017, qui a tourné à la violence lors du démantèlement d’une synagogue où de jeunes manifestants se sont opposés aux officiers israéliens et en ont blessé 17 d’entre eux.

« A Amona (les gens) doivent être blessés – mais seulement du côté des foutus Zio-nazis », a écrit Oved, faisant référence aux forces de sécurité.

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=2217796398246769&set=a.2177434718949604&type=3

L’activiste d’extrême droite a critiqué les dirigeants d’Amona, qui avaient appelé les manifestants à éviter de s’opposer aux soldats. « Je suis pour le combat jusqu’à la dernière goutte de sang », a-t-il écrit sur l’application de messagerie.

« Nous ne pouvons pas laisser les foutus sionistes (penser qu’ils peuvent) faire ce qu’ils veulent et que cela passera en silence », des propos de Oved également repris par la cour dans cette décision.

L’activiste a même posté une photo d’un drapeau israélien avec une mitrailleuse Uzi et la légende : « Nous allons nous venger sans pitié. »

En recevant l’appel du procureur de district, le jury a écrit que « pour ce qui est du contenu qui a été rendu public, l’accusé appelle clairement à l’action ».

Le tribunal a expliqué qu’à l’ère des réseaux sociaux, où les messages d’Oved peuvent facilement se propager, les messages d’Oved pouvaient atteindre des centaines d’utilisateurs, même ceux qui ne faisaient pas partie du groupe particulier de militants contre lesquels avaient été initialement envoyées ces menaces.

Un graffiti retrouvé sur la synagogue de l’avant-poste d’Amona, en Cisjordanie, représentant une croix gammée et les mots « police d’Ishmaël », une référence au fils d’Abraham qui serait l’ancêtre des Arabes d’aujourd’hui, le 2 février 2017. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Le jugement a rejeté la défense de l’avocat d’Oved, qui a souligné que des menaces similaires avaient été proférées par d’autres membres du groupe WhatsApp alors que son client était le seul accusé.

Les juges ont reconnu que le fait que personne d’autre n’avait été inculpé posait problème, mais ils ont finalement conclu que ce n’était pas une raison suffisante pour confirmer l’acquittement initial.

Avec la décision du tribunal – officiellement rendue le 17 septembre – l’affaire Oved est maintenant renvoyée devant le tribunal de première instance pour qu’il prononce la sentence.

En 2014, il a été condamné à un an de prison après avoir été reconnu coupable d’avoir peint à la bombe des menaces de mort dans et autour de l’immeuble d’habitation de Hagit Ofran, membre de l’ONG La Paix Maintenant.

Les parents d’Oved ont fait valoir dans le passé que leur fils souffrait de problèmes psychiatriques.

Aucune condamnation pour violence n’a encore été prononcée contre les manifestants depuis l’évacuation d’Amona en février 2017, qui a été rasée après que la Cour suprême de justice a estimé que la maison avait été construite sur un terrain privé palestinien.

La police a estimé que 1 000 personnes – dont la majorité étaient des adolescents – ont manifesté à Amona, se barricadant à l’intérieur des bâtiments de l’avant-poste et forçant les policiers à les évacuer un par un.

Trois manifestants ont été inculpés en novembre 2017 pour avoir entravé le travail de la police lors de l’évacuation, mais ils ont évité les accusations d’agression, bien que 60 policiers au total aient été blessés lors du démantèlement de l’avant-poste. Aucune décision n’a encore été prise les concernant.

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