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Ashrawi : les Etats-Unis n’ont pas l’autorité pour dissoudre l’UNRWA

Foreign Policy a rapporté que Jared Kushner avait réclamé dans un récent courriel une "volonté sérieuse pour fermer" l’agence des réfugiés palestiniens

Hanane Ashrawi (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Hanane Ashrawi (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Hanan Ashrawi, une haute responsable de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), a affirmé que « les Etats-Unis n’ont pas l’autorité pour dissoudre l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) ou pour priver les réfugiés palestiniens de leurs droits ».

Le communiqué d’Ashrawi survient alors qu’un rapport publié vendredi dans le magazine Foreign Policy basé aux Etats-Unis affirmait que Jared Kushner, le conseiller Moyen-Orient du président Donald Trump, avait demandé cette année dans un courriel une « volonté sérieuse pour fermer » l’UNRWA.

Il aurait fait pression pour retirer le statut de réfugié à des millions de descendants de réfugiés palestiniens dans le cadre d’une démarche visant à faire fermer l’agence.

Le véritable nom de l’UNRWA n’est pas, comme beaucoup le croient, l’Agence des Nations unies pour le Soutien et le Travail, un surnom qui caractériserait une organisation avec des responsabilités mondiales. Le nom complet de l’UNRWA est « l’Agence des Nations unies pour le Soutien et le Travail des réfugiés palestiniens au Proche Orient ».

Elle existe depuis 1949, et doit veiller sur les réfugiés palestiniens. Seulement, l’échelle et le but de son mandat, ce qui est unique pour une organisation de réfugiés des Nations unies, se sont étendus continuellement jour après jour, grâce à la définition que constitue un réfugié palestinien.

De manière générale, partout ailleurs, mais pas dans ce cas précis, les Nations unies définissent un réfugié comme une personne qui, craignant de façon crédible des persécutions pour des raisons de race, de religion, de nationalité et ainsi de suite, est en dehors de son pays ou de son ancien lieu de résidence habituel.

Si la définition normale a été appliquée à environ 650 000 Palestiniens qui ont fui ou ont été expulsés de ce qui est devenu Israël à la fin des années 1940, le problème des réfugiés palestiniens concernerait aujourd’hui très peu de personnes parmi ses 650 000, un chiffre estimé dans une fourchette basse de dizaines de milliers.

Si le problème se trouvait là, une des questions clés du « statut final » de la profonde dispute entre Israël et les Palestiniens serait immédiatement gérable, dégageant l’obstacle central à la solution de deux Etats que certains Palestiniens, beaucoup en Israël, et les Nations unies cherchent avec tellement d’urgence.

L’UNRWA travaille selon une définition différente que le principal Haut Commissariat pour les réfugiés des Nations unies. L’organisation fournit une assistance, non seulement à ceux qui sont encore en vie parmi les réfugiés de 1948, et pour ceux qui ont perdu leur foyer et des moyens pour vivre après la guerre de 1967, mais aussi, et c’est là le point crucial, pour leurs descendants.

Ainsi, plutôt qu’un problème de réfugiés dans la fourchette basse de dizaine de milliers, on compte aujourd’hui cinq à six millions de réfugiés palestiniens, attendant en vain un « retour » en Israël. Leur soins de santé, leurs services sociaux et leur éducation sont financés grâce à l’UNRWA.

Du point de vue israélien, une organisation précisément conçue pour résoudre le problème est devenue l’organisation qui alimente le problème.

A LIRE : Le problème avec l’UNRWA

La responsable de l’OLP a aussi fustigé Doug Lambron, élu républicain, qui, le mois dernier a présenté une législation visant à changer la définition américaine d’un réfugié palestinien et à limiter l’aide américain à l’UNRWA.

« Une telle campagne cible plus de 5,3 millions de personnes, dont beaucoup continuent de subir de graves épreuves, privations et ont souffert à cause de déplacements répétés. Elle [la législation] menace d’arrêter le financement de l’UNRWA : en plus d’être illégale et irresponsable, elle est aussi extrêmement cruelle et inhumaine », a déclaré Ashrawi.

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