Dans le sud du Golan, quelques poches de résistance subsistent, constituées des soutiens du groupe de l’Etat islamique ou – telle qu’on la connaît localement – de l’armée Khalid Ibn Walid. Mais au-delà de ça, les Syriens ont presque entièrement repris le contrôle de la frontière avec Israël.
Aucune force modérée susceptible de maintenir une coopération relative avec Israël ou de conserver les extrémistes chiites ou sunnites ne perdure aujourd’hui.
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L’évacuation a eu lieu dans le calme, et les bus qui ont transporté presque tous les rebelles et leurs partisans ont déjà quitté les pentes du mont Hermon pour rejoindre le dernier bastion appartenant à l’opposition (relativement) modérée dans le secteur d’Idlib.
Cette présence qui semble familière – une armée de fidèles syriens, disciplinés et soumis aux régulations et qui comprennent la nécessité pour le régime de Damas de maintenir le calme – annoncerait bien, de manière ostensible, la stabilité. Mais ce n’est qu’une stabilité de surface. Au cours des dernières années, le président syrien Bashar Assad a été contraint d’abandonner un bastion puis d’autres aux milices chiites irakiennes, au Hezbollah et – c’est plus important – au corps des Gardiens de la révolution de la République islamique. Son régime a été sauvé par leur intervention et il leur doit littéralement la vie, aux niveaux physique et politique.
Assad sera contraint de livrer au croissant chiite un point d’appui dans la zone frontalière, et pourrait même le faire avec plaisir.
La présence du Hezbollah sur la frontière n’est pas nouvelle. La ville de Khader, d’un côté du mont Hermon, est devenue connue ces dernière années comme étant une petite fortification de soutien pour Assad, encerclée par les rebelles sunnites.
Le Hezbollah est parvenu à construire des infrastructures militaires dans la ville pour mener des attaques contre Israël, comme en témoigne l’assassinat de certains de ses opérateurs alors qu’ils se livraient à de telles activités. Les plus tristement connus parmi eux étaient Jihad Mughniyeh et le général iranien assassiné en 2015 et, bien sûr, Samir Kuntar, un terroriste ayant été emprisonné en Israël pour avoir tué une famille à Nahariya et qui avait été libéré dans le cadre d’un accord avec le Hezbollah en 2008. Kuntar avait été tué près de Damas en 2015. Cette mort avait été imputé à Israël alors qu’il tentait de construire une structure près de Khader pour attaquer l’Etat juif.
Les Gardiens de la Révolution iraniens feront moins d’efforts que les forces d’Assad pour maintenir le calme sur la frontière. Il est possible qu’ils tentent activement de déstabiliser la situation le long de la frontière – afin d’empêcher la guerre d’éclater au Liban, entre autres raisons.
Israël a averti à maintes reprises que l’Etat juif ne tolérera pas la présence des forces iraniennes le long de la frontière. Et le cessez-le-feu russo-américain devrait les conserver à distance.
Toutefois, Washington et Moscou pourraient ne pas considérer les combattants du Hezbollah en uniforme syrien – ou les conseillers des gardiens de la révolution iranienne qui sont venus « visiter » des positions avancées, notamment un poste syrien sur le mont Hermon – comme une « présence iranienne » classique. En effet, le Hezbollah ou les combattants des gardiens de la révolution pourraient fort bien se trouver présents au sein des positions syriennes sur le mont Hermon dès maintenant.
En 2018, Assad aura plus besoin que jamais de l’aide de l’Iran et du Hezbollah pour stabiliser son régime et pourrait devenir un pantin iranien-chiite. Il n’a pas de grandes raisons de se réjouir. Les ennemis sunnites du régime, qui constituent la majorité dans le pays, lui sont encore hostiles. La Syrie est en faillite, avec des centaines de milliers de morts, des millions de blessés et des infrastructures détruites.
Mais une chose a une grande signification pour lui : Il a survécu au Printemps arabe. Ce n’est pas quelque chose dont peuvent se targuer de nombreux dirigeants du monde arabe. Et la survie est l’essentiel. Aux yeux de tous.