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Attentat Copernic : l’instruction demande à nouveau la remise en liberté du principal suspect

Les juges pensent qu'Hassan Diab était au Liban au moment de l'attentat en 1980 ; le parquet a fait appel de cette décision

Scène de l'attentat contre la synagogue de la rue de Copernic, à Paris, en 1980. (Crédit : AFP)
Scène de l'attentat contre la synagogue de la rue de Copernic, à Paris, en 1980. (Crédit : AFP)

Les juges d’instruction ont ordonné une nouvelle fois lundi la remise en liberté d’Hassan Diab, principal suspect de l’attentat de la rue de Copernic en 1980 à Paris, mais cette décision a été immédiatement suspendue par le parquet, a-t-on appris de sources concordantes.

Extradé du Canada en novembre 2014, Hassan Diab, 63 ans, est mis en examen en France comme auteur présumé de cet attentat qui avait fait quatre morts et une quarantaine de blessés le 3 octobre 1980 devant une synagogue.

Dans leur ordonnance, signée le 3 avril, les magistrats instructeurs relèvent qu’ « il existe des éléments concordants tendant à établir qu’Hassan Diab se trouvait à Beyrouth fin septembre et début octobre », au moment des faits, et demandent qu’il ne soit plus incarcéré mais assigné à résidence avec port d’un bracelet électronique.

A deux reprises, en mai et en octobre, ils s’étaient déjà prononcés en ce sens, mais le parquet de Paris avait fait immédiatement appel et la cour d’appel avait décidé de le maintenir en détention.

Plaque commémorative à la mémoire des victimes de l'attentat de la synagogue de la rue de Copernic. (Crédit : Mu/CC BY SA 3.0)
Plaque commémorative à la mémoire des victimes de l’attentat de la synagogue de la rue de Copernic. (Crédit : Mu/CC BY SA 3.0)

« La déraison et l’acharnement l’emportent du côté du parquet sur toute analyse objective du dossier », a déclaré à l’AFP son avocat, Me William Bourdon. « Les charges, faibles au départ, n’ont cessé de se réduire au fur et à mesure de l’instruction », a-t-il ajouté.

Plusieurs éléments à charge avaient nourri le dossier de l’ex-juge d’instruction en charge du dossier, Marc Trévidic, notamment une ressemblance entre Diab et les portraits-robots d’un suspect, la découverte en 1981 à Rome d’un passeport à son nom avec des tampons d’entrée et de sortie d’Espagne, d’où serait parti le commando, des expertises graphologiques ou encore le témoignage d’un couple mettant en cause Diab comme appartenant aux groupes palestiniens au début des années 1980.

Mais Hassan Diab assure qu’il se trouvait à Beyrouth lors des faits pour passer ses examens à l’université et plusieurs témoins ont corroboré cette version.

Son ex-épouse, Nawal Copty, entendue en avril, a affirmé qu’il l’avait bien accompagnée à l’aéroport de Beyrouth le 28 septembre 1980, une date à laquelle le porteur du passeport retrouvé à Rome se trouvait déjà en Europe d’après des tampons sur le document. Deux autres témoins se sont montrés « catégoriques » pour affirmer qu’il avait passé les examens avec eux en 1980 et 1981.

« Ces éléments permettent sérieusement de douter qu’il se soit déplacé en France via l’Espagne sur cette période de 15 jours entre le 20 septembre et le 7 octobre 1980 et donc qu’il soit le poseur de la bombe », ont encore relevé les juges d’instruction.

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