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Attentat de 1994, mort de Nisman : les Juifs argentins demandent des comptes

Le procureur, qui enquêtait sur l'attentat, a été retrouvé mort juste avant d'accuser la présidente d'avoir fait entrave à l'enquête pour protéger l'Iran

Alberto Nisman (Crédit : capture d'écran YouTube)
Alberto Nisman (Crédit : capture d'écran YouTube)

La communauté juive argentine a lancé un nouvel appel à la justice : élucider et juger les responsables de l’attentat contre la mutuelle juive AMIA (85 morts) et de la mort inexpliquée voici deux ans du procureur Alberto Nisman, chargé du dossier.

Le 18 janvier 2015, le procureur Nisman était retrouvé mort dans son appartement de Buenos Aires. Le lendemain, il devait étayer devant le congrès ses accusations contre la présidente Cristina Kirchner et des membres de son gouvernement, soupçonnés d’avoir fait entrave à l’enquête pour protéger l’Iran.

Assassinat ou suicide ? L’enquête judiciaire n’a pas encore livré ses conclusions définitives. Les proches du magistrats dénoncent un assassinat, l’hypothèse la plus largement privilégiée en Argentine.

Depuis près de dix ans, Nisman était à la tête d’un parquet spécial chargé d’enquêter sur l’attentat du 18 juillet 1994, lorsqu’une voiture piégée avait pulvérisé le bâtiment abritant les institutions juives d’Argentine, dans un quartier populaire de Buenos Aires. Ses travaux désignaient l’Iran comme responsable et un mandat d’arrêt avait émis contre plusieurs dirigeants iraniens.

« Il y a deux affaires en suspens, celle de l’attentat, et celle de la mort d’Alberto Nisman. Les deux méritent d’être élucidées », plaide Ariel Cohen, président de la Délégation des associations israélites argentines (DAIA).

Un homme marche dans les décombres après l'explosion d'une bombe à l'Association mutuelle israélite argentine (AMIA) à Buenos Aires, le 18 Juillet 1994, tuant 85 personnes et en blessant environ 300 autres. (Crédit : Ali Burafi/AFP)
Un homme marche dans les décombres après l’explosion d’une bombe à l’Association mutuelle israélite argentine (AMIA) à Buenos Aires, le 18 Juillet 1994, tuant 85 personnes et en blessant environ 300 autres. (Crédit : Ali Burafi/AFP)

Dans le quartier populaire de Once, le bâtiment abritant l’AMIA et la DAIA a été reconstruit. Les mesures de sécurité sont très strictes, plus que pour entrer au palais présidentiel de Buenos Aires.

L’autre enquête qui n’a pas abouti, c’est celle de l’attentat ayant visé la communauté juive de Buenos Aires. Pour Ariel Cohen, il n’y a pas de doute sur la responsabilité iranienne.

« La justice argentine a été très claire. Mais nous n’arrivons pas à ce que les suspects comparaissent devant la justice. Nous espérons que la République islamique d’Iran collabore et remette à l’Argentine les auteurs présumés, afin qu’ils soient jugés. »

Comme il est peu probable que l’Iran collabore, le président de la DAIA ne ferme pas la porte à un procès en l’absence des accusés.

« Ne pas faire la lumière, c’est continuer le pacte avec l’impunité », conclut Ariel Cohen.

Le dossier pour entrave à l’enquête contre l’ex-présidente Kirchner a été rouvert fin 2016, l’investigation ayant été obstruée juste après l’attentat. Par ailleurs, un procès pour entrave à l’enquête contre l’ex-président Carlos Menem et l’ancien juge en charge de l’attaque contre l’AMIA se tient depuis plus d’un an à Buenos Aires.

Mercredi en fin de journée, un hommage à Alberto Nisman était prévu devant le parquet spécial qu’il dirigeait, dans le centre de Buenos Aires.

Alberto Nisman est enterré dans un cimetière juif de Buenos Aires et aura bientôt un monument à son nom dans la ville israélienne de Naharia.

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