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Avigdor Liberman, le « tsar » de la nuit devenu rival de « Bibi » Netanyahu

Sa campagne pour les élections du 17 septembre est centrée sur les "dangers" pour Israël de devenir un "Etat de la Halakha

Le président Yisrael Beytenu Avidgor Liberman participe à un événement Samedi Culture à Tel Aviv, le 2 mars 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)
Le président Yisrael Beytenu Avidgor Liberman participe à un événement Samedi Culture à Tel Aviv, le 2 mars 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Avigdor Liberman, ancien videur de boîte de nuit à la carrière politique émaillée de déclarations fracassantes, est passé d’allié stratégique du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à l’un de ses plus virulents opposants.

Né dans la république soviétique de Moldavie, Liberman, 61 ans, a émigré en 1978 en Israël, où il a effectué son service militaire et travaillé un temps comme videur de boîte de nuit.

Les médias l’ont affublé des surnoms de « tsar », de « Raspoutine » et de « KGB », en allusion à son comportement autoritaire et à ses origines, dont son verbe lent en hébreu conserve un lourd accent.

Diplômé en sciences sociales, il a rejoint le Likud, le grand parti de droite, dont il a gravi les échelons jusqu’à devenir directeur de cabinet de Benjamin Netanyahu lors de son premier mandat (1996-1999). Mentor de « Bibi », il est pour beaucoup dans son ascension.

Mais, en 1999, il a créé son propre parti de droite, Yisrael Beytenu, capitalisant sur le vote du million d’Israéliens émigrés comme lui de l’ex-URSS, une base électorale qu’il a élargie.

Depuis 2001, il a détenu divers portefeuilles, dont celui des Affaires étrangères de Netanyahu (2009-2012 et 2013-2015).

En tant que chef de la diplomatie israélienne, il était devenu la bête boire de l’Union européenne (UE), qu’il accusait d’adopter des politiques trop favorables aux Palestiniens et hostiles aux juifs.

A LIRE : tous nos articles sur la relation entre l’État hébreu et l’UE

En novembre dernier, il a démissionné de son poste de ministre de la Défense dans le gouvernement de Benjamin Netanyahu, pour protester contre un accord de cessez-le-feu avec les groupes palestiniens de Gaza, dénonçant une « capitulation devant le terrorisme ».

Sa démission avait contribué à l’éclatement de la coalition gouvernementale.

Aux élections qui ont suivi, en avril, son parti a remporté cinq des 120 sièges au Parlement. Mais Avigdor Lieberman a exigé une loi obligeant les jeunes ultra-orthodoxes à effectuer leur service militaire en échange de sa participation à une coalition.

A LIRE : En « Libermanie » et en « Khilonie », on s’oppose au « diktat » des ultra-orthodoxes

Faute d’accord, le Parlement a été dissous et de nouvelles élections ont été convoquées pour le 17 septembre.

Aujourd’hui, les sondages créditent son parti d’une dizaine de sièges, ce qui, dans un paysage politique israélien fragmenté, pourrait rendre son soutien essentiel à toute coalition gouvernementale.

Liberman est connu pour ses déclarations fracassantes, affirmant par exemple que le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas est un « terroriste diplomate » (2014), que les Arabes israéliens déloyaux envers Israël « méritent de se faire décapiter à la hache » (2015) et que Benjamin Netanyahu est « un menteur, un tricheur et une crapule » (2016).

A LIRE : Une ex-procureur déplore l’échec de l’inculpation de Liberman

Sa campagne pour les élections du 17 septembre est centrée sur les « dangers » pour Israël de devenir un « Etat de la Halakha (la loi religieuse juive) », dirigé par le judaïsme religieux, avec une coalition dans laquelle les partis ultra-orthodoxes joindraient leurs forces à celles des factions religieuses, qualifiées par Avigdor Liberman de « messianiques ».

Liberman, marié et père de trois enfants, n’est pas un partisan du « Grand Israël », mais il vit à Nokdim, une implantation juive près de Bethléem, en Cisjordanie. Il juge irréaliste la paix avec les Palestiniens, mais se dit prêt à essayer.

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