Biden: « Scandaleux » de conditionner l’aide US à l’expansion des implantations
Répondant aux candidats démocrates qui ont dit qu'ils couperaient les aides pour stopper l'expansion des implantations, l'ex-vice-président évoque "une erreur gigantesque"

Le candidat à la nomination présidentielle du parti démocrate Joe Biden a répondu, jeudi, aux appels lancés par d’autres candidats à conditionner l’aide versée à l’Etat juif à l’arrêt de l’expansion des implantations, qualifiant cette idée « d’absolument scandaleuse ».
Interrogé par un journaliste du Wall Street Journal sur ce qu’il pensait de l’idée de conditionner l’aide apportée à Israël, l’ancien vice-président a indiqué que ce serait « une erreur gigantesque ».
Les propos tenus par Biden ont été prononcés après que certains candidats aux primaires ont livré les détails des aspects de leur politique vis-à-vis d’Israël dans des discours qui ont eu lieu dans le cadre de la conférence annuelle de J-Street, le groupe libéral dont les travaux se consacrent à la politique au Moyen-Orient.
Ainsi, dans une vidéo soumise lors du sommet, Elizabeth Warren, qui a rejoint les favoris à la nomination démocrate dans les sondages, a clairement établi qu’elle avait l’intention de mettre la pression sur Israël tout en refusant d’apporter des précisions sur ce qu’elle ferait exactement.
« Nous devons trouver des moyens de faire des progrès tangibles sur le terrain vers une solution à deux Etats », a-t-elle expliqué dans une vidéo.
« Cela se traduit parfois par des moyens d’exercer des pressions et de créer des conséquences pour les comportements problématiques, comme l’ont fait d’anciens présidents démocrates et républicains », a-t-elle dit. « Par exemple, si le gouvernement israélien continue à prendre des initiatives visant à annexer officiellement la Cisjordanie, les Etats-Unis doivent dire clairement que notre aide ne servira pas à soutenir l’annexion. »
Dans l’Iowa, la semaine dernière, un journaliste a interrogé une nouvelle fois Warren à ce sujet.
« Tout est sur la table », a-t-elle répondu, sans donner de détails.
Le sénateur du Vermont a, lui aussi, promis d’utiliser l’aide militaire israélienne pour dissuader l’Etat juif d’élargir ses constructions dans les implantations et pour l’obliger à entrer dans des négociations de paix avec les Palestiniens, une idée qui a gagné du terrain parmi certains démocrates.
« J’utiliserai la condition de ces 3,8 milliards de dollars », a-t-il dit lors de la conférence en se référant au protocole d’accord signé entre Israël et les Etats-Unis sous l’administration Obama. « C’est beaucoup d’argent et nous ne pouvons pas donner carte blanche au gouvernement israélien ou même à n’importe quel gouvernement. Nous avons le droit de demander le respect des droits de l’Homme et de la démocratie. »
Le candidat à la nomination à la présidentielle de 2020 a dit qu’il conditionnerait l’aide américaine à des initiatives tangibles de la part de Jérusalem en faveur de la solution à deux Etats et à l’amélioration des conditions de vie des Palestiniens qui habitent dans l’enclave côtière assiégée.
Le maire de South Bend, Pete Buttigieg, a expliqué que si Israël devait mener à bien la promesse d’annexion des implantations de Cisjordanie faite par Netanyahu, un tel cas de figure l’obligerait à réévaluer le niveau des aides versées par les Etats-Unis à l’Etat juif.
« Nous avons une responsabilité… qui est de garantir que le soutien des contribuables américains à Israël ne se transformera pas en soutien apporté par les contribuables à une initiative telle que l’annexion », a-t-il dit à une foule rassemblée au centre de convention de Washington.
Eric Cortellessa et JTA ont contribué à cet article.
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