Californie : le président du Pitzer College ignorera une motion BDS
Melvin Oliver a rejeté une recommandation "préjudiciable" prônant la suspension du programme d'études conjoint de l'université Pitzer College et celle de Haïfa

JTA — Un département d’études du Pitzer College de Californie a voté en faveur de la suspension de son programme d’études en Israël, mais le président de l’institution a fait savoir qu’il ignorerait cette motion.
La recommandation non-contraignante adoptée jeudi par la faculté au sein de l’instance dirigeante du collège avait été prônée par les partisans du mouvement anti-israélien BDS (Boycott, Divestment, and Sanctions), selon l’AJC (American Jewish Committee), qui a condamné le vote, évoquant une « attaque scandaleuse contre la liberté d’étudier. »
La recommandation prévoyant la suspension du programme d’études à l’université de Haïfa a été adoptée avec une majorité de 68 voix « pour » et 25 voix « contre ». Très rapidement à l’issue de l’approbation de la motion, le président du Pitzer College, Melvin Oliver, l’a rejetée, affirmant: « je refuse d’autoriser le Pitzer College à adopter un positionnement qui, je le pense, ne fera que lui porter préjudice ».
La recommandation réclame la suspension du programme « jusqu’à ce que l’Etat israélien mette un terme aux restrictions d’entrée en Israël sur la base des origines et/ou du discours politique » et jusqu’à ce qu’il « adopte des politiques accordant des visas pour favoriser des échanges avec les universités palestiniennes à égalité avec les universités israéliennes ».
Mais, a écrit Melvin Oliver, ce langage ne représente pas de manière fidèle la portée de la recommandation.
« La recommandation met en place une forme de boycott universitaire d’Israël et, ce faisant, nous éloigne du chemin du libre échange des idées – une direction qui détruit finalement les capacités de l’université à remplir sa mission éducative », a écrit le président.
« En singularisant Israël, la recommandation elle-même est préjudiciable », a-t-il ajouté.
Le président de l’université de Haïfa, Ron Robin, a indiqué que le département d’études avait donné « son sceau d’approbation à l’antisémitisme contemporain ».
« Le boycott de Pitzer est particulièrement fourvoyé dans la mesure où, à l’université de Haïfa, 35 % de nos étudiants sont Arabes et que nos élèves israéliens et arabes travaillent ensemble et dans l’harmonie dans le cadre d’activités extrascolaires et de services communautaires », a commenté le président de l’université dans un communiqué. « C’est la diversité, la coexistence et la tolérance à leur apogée ».
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