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Interview

Catherine Ringer se confie avant son premier concert en Israël

"Ma réponse [au BDS, qui demandait l’annulation de l’évènement] est dans le fait que je vienne", explique-t-elle, alors qu’elle jouera le 19 décembre au Barby Club de Tel Aviv

Catherine Ringer des Rita Mitsouko. (Crédit : Catherine Ringer / ARTE / Facebook)
Catherine Ringer des Rita Mitsouko. (Crédit : Catherine Ringer / ARTE / Facebook)

Catherine Ringer, ex-chanteuse des Rita Mitsouko, qu’elle avait formé avec son compagnon Fred Chichin, interprétera les plus grands titres du groupe phare de la chanson française au Barby Club de Tel Aviv le 19 décembre prochain.

Ce concert à Tel Aviv viendra clôturer sa tournée célébrant le 40e anniversaire de la création des Rita Mitsouko, après plusieurs dates en France, en Belgique et en Suisse – et notamment à la Philharmonie de Paris en septembre dernier, alors que sortait au même moment une intégrale remasterisée de tous les albums du groupe. La plupart des concerts de cette tournée, « Catherine Ringer chante les Rita Mitsouko », ont été joués à guichets fermés.

Dans un entretien téléphonique avec le Times of Israël, la chanteuse, née de père et de mère juifs, se dit « très heureuse » de venir « enfin » jouer en Israël. « Ça faisait des années que je demandais à mon tourneur de venir, vu qu’il y a beaucoup de Français et que j’ai des attaches avec ce pays », explique-t-elle.

Elle indique ainsi s’y rendre régulièrement, ayant de la famille à Tel Aviv, et s’y sentir « en terrain ami et familial ». Son concert sera ainsi l’occasion de « soutenir le pays », ajoute-t-elle.

Suite à l’annonce du concert, le mouvement de boycott BDS avait appelé la chanteuse de « Marcia Baila », « C’est comme ça », « Andy » ou encore « Le Petit Train » et « Les Histoires d’A. » à l’annuler. « Ma réponse [à leur demande] est dans le fait que je vienne », explique-t-elle, ayant décidé de ne pas leur répondre directement.

Elle indique espérer également pouvoir se produire un jour à Jérusalem, « s’il y a du monde intéressé », dans un concert qui rassemblerait aussi bien Israéliens que Palestiniens afin d’aider à sa manière à la paix, même si elle se dit peu concernée par les questions politiques du pays.

Dans ce cadre, l’artiste française et son équipe avaient contacté l’Institut culturel français de Jérusalem, compétent dans les Territoires palestiniens, afin d’envisager sa venue. Elle regrette ne pas avoir eu de réponse.

L’an dernier, le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme (MAHJ) de Paris présentait l’exposition d’un des rouleaux de dessins du père de la chanteuse, Sam Ringer, d’origine juive polonaise. Le rouleau, inclus dans les collections permanentes depuis l’année dernière, présente une nouvelle de Shlomo Aleikhem et a été offert à l’établissement par la chanteuse.

L’œuvre est un témoignage de la « vie, de l’art, de l’histoire, des Juifs ashkénazes de cette époque », explique Catherine Ringer, qui a rendu hommage à son père, décédé en 1986, dans la chanson « C’était un homme ». Sam Ringer a été interné dans cinq camps nazis différents, dont Buchenwald, et a réalisé le rouleau au lendemain de la guerre, alors qu’il vivait dans le Kibbutz Nilli qui se trouvait en Bavière, et qui servait alors de camp pour personnes déplacées.

Si elle affirme ne pas avoir grandi dans la religion juive et en être éloignée, Catherine Ringer dit avoir été élevée « dans le souvenir » et se dit influencée dans son œuvre et sa vie par cette « philosophie juive du questionnement et du doute ».

Les places pour son concert du 19 décembre sont en vente sur le site du producteur Live Stage et au 03.966.41.08.

Le tarif va de 190 à 300 shekels. Une assurance annulation est proposée.

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