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CIA : Washington ne veut pas d’un effondrement du régime syrien

Le départ d'Assad est une condition à la "stabilisation complète" du pays, affirme pourtant la Maison Blanche

Daniel Rubinstein à Jérusalem en 2010 (Crédit : Département d'Etat américain)
Daniel Rubinstein à Jérusalem en 2010 (Crédit : Département d'Etat américain)

Washington a renouvelé jeudi son souhait de voir le président syrien Bashar el-Assad démissionner, saluant, au quatrième anniversaire de la guerre civile, la bravoure des Syriens qui luttent contre la tyrannie.

« Depuis quatre ans, le régime d’Assad répond à la demande des Syriens à plus de liberté et de réformes par une brutalité continuelle, l’autoritarisme et la destruction », a affirmé la porte-parole de la diplomatie américaine, Jennifer Psaki.

« Comme nous le disons depuis longtemps, Assad doit partir et être remplacé au terme d’une transition politique et négociée représentative des Syriens ».

Le départ d’Assad est une condition à la « stabilisation complète » du pays, a-t-elle insisté.

« A l’occasion de ce sombre anniversaire, nous nous souvenons de tous ceux qui souffrent et des Syriens courageux qui luttent contre la tyrannie et se battent pour un avenir marqué par le respect des droits fondamentaux, la tolérance et la prospérité », a-t-elle ajouté.

Les Etats-Unis étaient parvenus l’année dernière à Genève à amener à la table des négociations l’opposition syrienne et des représentants du gouvernement Assad. Mais les pourparlers avaient rapidement échoué et aucune rencontre n’a été programmée depuis.

L’année dernière a été la plus meurtrière du conflit, avec la mort d’au moins 76 000 personnes sur 210 000 depuis le début de cette guerre déclenchée le 15 mars 2011 après des manifestations pacifiques inspirées du printemps arabe en Egypte et Tunisie.

Vendredi, le département d’Etat a accueilli une rencontre entre des membres de la diaspora syrienne et des responsables de l’opposition syrienne, dont l’ancien Premier ministre du gouvernement intérimaire Ghassan Hitto.

L’ambassadeur américain pour la Syrie Daniel Rubinstein a déclaré à cette occasion dans un message publié sur le compte Facebook de l’ambassade américaine que « le désespoir avec lequel Assad s’accroche au pouvoir à force de terreur quotidienne est la preuve qu’il a perdu depuis longtemps la légitimité et qu’il doit laisser la place à une réelle transition politique ».

Les Etats-Unis ne veulent pas d’un effondrement du gouvernement et des institutions en Syrie qui laisserait le champ libre aux extrémistes islamistes, dont le groupe Etat islamique (EI), a expliqué vendredi le directeur de la CIA John Brennan.

« Aucun d’entre nous, Russie, Etats-Unis, coalition (contre l’EI), Etats de la région, ne veut un effondrement du gouvernement et des institutions politiques à Damas », a déclaré John Brennan à New York devant le centre de réflexion Council on Foreign Relations.

Des « éléments extrémistes », dont l’EI et d’anciens militants d’Al-Qaida, sont « en phase ascendante » dans certaines régions de Syrie, a soutenu M. Brennan.

« La dernière chose que nous voulons, c’est de leur permettre de marcher sur Damas », a indiqué M. Brennan. « C’est pourquoi il est important de soutenir les forces de l’opposition syrienne qui ne sont pas extrémistes ».

La communauté internationale est favorable à une solution reposant sur « un gouvernement représentatif qui essaiera de répondre aux revendications à travers le pays », a-t-il noté.

Les Etats-Unis sont en train de mettre en place en Turquie un programme de formation militaire et d’équipement de rebelles de l’opposition modérée syrienne. Pour le Pentagone, la mission militaire de ces Syriens sera avant tout de défendre leurs communautés et combattre l’EI.

John Brennan a longtemps travaillé à la CIA avant de devenir le conseiller anti-terrorisme de Barack Obama, puis de revenir à la tête de la CIA en mars 2013.

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