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Ces communes espagnoles qui ont souhaité boycotter Israël

Ces dernières années, des motions pro-BDS ont été adoptées par plusieurs villes dirigées par des formations de gauche – la plupart ont ensuite été annulées par la justice

Le chef du parti Podemos Pablo Iglesias arrive au parlement espagnol à Madrid, en Espagne, le mardi 7 janvier 2020. (Crédit : AP Photo/Manu Fernandez)
Le chef du parti Podemos Pablo Iglesias arrive au parlement espagnol à Madrid, en Espagne, le mardi 7 janvier 2020. (Crédit : AP Photo/Manu Fernandez)

La semaine dernière, le site d’information argentin Infobae (qui dénombre 80 millions de visiteurs uniques par mois) a révélé que 59 communes et départements espagnols avaient, ces dernières années, voté une motion pro-BDS, qui leur interdisait « de collaborer ou de soutenir passivement le système colonial et l’apartheid israélien » et « d’embaucher ou de faire appel à des entreprises israéliennes, ou à acheter leurs produits et services », avant que ces motions ne soient retirées abandonnées ou annulées par la justice dans la majorité des cas.

La liste des villes et départements a été publiée par l’association Action et Communication sur le Moyen-Orient (Acom), engagée dans le rapprochement entre l’Espagne et Israël.

Parmi ces villes, on compte Cadix, Badalone, Corvera et Saint Jacques de Compostelle, ainsi que le conseil provincial de Valence. « Bien que Barcelone n’ait pas officiellement rejoint l’initiative, elle reconnaît le droit de boycotter », a ajouté Infobae.

Lancé en 2005 sous le nom « d’espace libre de l’apartheid israélien (ELAI) », le projet a été adopté par ces différentes villes et conseils départementaux depuis 2015. Ceux-ci étaient majoritairement dirigés par des formations de gauche comme Podemos, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et la Gauche Unie (GU).

« Loin d’être un cas isolé, le boycott d’Israël et de ses citoyens a été une politique habituelle du parti du deuxième vice-président du gouvernement espagnol », a déploré l’association espagnole Acom, en faisant référence au secrétaire général de Podemos, Pablo Iglesias.

Acom note ainsi que le vote de ces motions « coïncide avec l’entrée de Podemos dans des milliers d’institutions après les élections municipales et autonomes de 2015 ».

En 2018, le quotidien El Pais écrivait au sujet des annulations de motions prononcées par la justice : « Les tribunaux ont déclaré nulles et non avenues ces motions, presque toutes issues de mairies aux mains de partis de gauche ou nationalistes, adoptées en faveur de la campagne internationale pro-palestinienne BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions). Une grande partie des décisions de justice sont le résultat de demandes présentées par l’association pro-israélienne Acom ou son président, Ángel Mas, si ce n’est les deux. »

La justice avait ainsi estimé que les motions étaient discriminatoires et que les communes devaient garder un devoir de neutralité sur les questions de politique étrangère.

Selon le journal Libération, le nombre de motions toujours en vigueur est difficile à estimer : « Sur le site du mouvement BDS, on compte environ 70 municipalités enregistrées (dans certains cas le conseil municipal a soutenu le BDS sans devenir ‘espaces sans apartheid israélien’), mais on y retrouve 40 des 57 municipalités citées par Acom où les motions ont été abandonnées. »

Le quotidien français rapporte aussi que les motions adoptées n’appelaient pas au boycott du « peuple juif », comme certains messages sur les réseaux sociaux l’ont laissé entendre.

En 2018, Pablo Iglesias, dirigeant de Podemos, parti à l’origine d’un certain nombre de ces motions, avait qualifié Israël d’Etat « criminel » et « illégal ». Il avait également évoqué ce qu’il a décrit comme la « politique d’apartheid » du pays. Iglesias a été le présentateur de l’émission « Fort Apache », qui était diffusée sur HispanTV, une chaîne financée par l’Iran.

Podemos, qui a remporté 20 % des votes aux élections législatives espagnoles en 2015, tout juste un an après sa création, a appelé à un boycott général d’Israël et a régulièrement accusé son gouvernement de poursuivre des politiques semblables à l’apartheid.

Cet article a été modifié pour plus de clarté.

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