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Contraint de poser congé durant Shabbat, un juif canadien finalement indemnisé pour violation de droits religieux

L'employé du salon de coiffure salue la décision de justice et affirme qu'il était intolérable", qu'en tant que Juif, il ait "fait l’objet d’une discrimination" par un autre Juif

Illusttration : un salon de coiffure. (Crédit : Ivanko Brnjakovic/ iStock via Getty Images)
Illusttration : un salon de coiffure. (Crédit : Ivanko Brnjakovic/ iStock via Getty Images)

MONTRÉAL – Un coiffeur juif qui avait été licencié pour avoir refusé – contre les instructions de son supérieur – de prendre congé pendant Shabbat a été indemnisé à hauteur de 10 000 dollars sur ordre d’un tribunal québécois, pour violation de ses droits religieux.

Le Tribunal des droits de l’Homme de Québec a ordonné jeudi qu’Iris Grassy, ancienne propriétaire du salon de coiffure, indemnise Richard Zilberg, 54 ans.

Il y a deux ans, elle avait refusé de verser 15 000 dollars en dommages et intérêts, comme l’avait recommandé la Commission des droits de l’Homme de Québec. La Commission peut recommander mais ne peut pas imposer le versement de ces dommages et intérêts.

« Après 5 ans, justice a enfin été rendue », a déclaré Zilberg après la décision.

« Cette décision de justice nous rappelle qu’un employeur ne peut pas imposer des conditions de travail différentes d’un employé à l’autre au nom de son ou sa religion », a déclaré Tamara Thermitus, présidente de la Commission dans un communiqué jeudi.

Zilberg travaillait dans ce salon depuis 2011, et le samedi était sa journée la plus chargée. Mais en 2012, Grassy a demandé à Zilberg de ne plus venir travailler le samedi. Il a refusé et a été licencié.

Selon Fo Niemi, directeur exécutif du Centre for Research-Action on Race Relations, qui a aidé Zilberg à porter plainte, cette décision n’est qu’une victoire morale, parce qu’il risque de devoir demander la saisie des biens de Grassy pour faire exécuter le jugement.

« Quand, en tant que Juif, je fais l’objet d’une discrimination par un autre Juif, au point d’en perdre mon travail, mon revenu et ma dignité, c’en est intolérable », avait déclaré Zilberg il y a deux ans, après la recommandation de la Commission des droits de l’Homme de Québec.

« Je descends d’une famille juive et j’aime ma religion, mais nous sommes en 2015, et je suis libre de choisir comment la pratiquer. »

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