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Corruption/Sous-marins : Annulation de l’accord entre l’Etat et Miki Ganor

Le procureur a informé le témoin de la fin de son accord d'immunité après que ce dernier a changé son histoire et a commencé à exercer son droit de garder le silence

Miki Ganor lors d'une audience à la cour suprême, le 22 mars 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Miki Ganor lors d'une audience à la cour suprême, le 22 mars 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les procureurs de l’Etat ont fait savoir mardi au lobbyiste Miki Ganor que l’accord qu’il avait passé dans le cadre d’une enquête de haut-rang portant sur des faits de corruption présumés qui auraient entouré l’achat de sous-marins à un fabricant allemand avait été annulé, après que ce dernier a mis un terme à sa coopération avec les enquêteurs.

Ganor, qui avait admis avoir reçu des pots-de-vin dans cette affaire, a donc perdu son immunité face aux poursuites.

Dans un courrier, la procureure Liat Ben-Ari Shweiki a déclaré aux avocats de Ganor que l’arrangement était invalidé en raison du changement survenu dans le témoignage de Ganor, ce qui avait ainsi porté préjudice à sa crédibilité en tant que témoin.

L’accord a été annulé « en raison de la présentation de versions qui s’avèrent être substantiellement différentes de celles qui avaient été soumises par [Ganor] peu après la signature de l’accord, et en raison de la perte de crédibilité résultant de cette nouvelle version », a écrit Ben-Ari Shweiki.

Selon la lettre, Ganor a également commencé à exercer son droit à garder le silence – ce qui est une violation des obligations auxquelles il avait souscrit sous les termes de l’arrangement.

Liat Ben-Ari (Capture d’écran : YouTube)

Ganor était un témoin déterminant pour les procureurs dans l’enquête de corruption consacrée à l’acquisition de sous-marins allemands, surnommée « l’Affaire 3 000 ». Il avait expliqué aux membres de l’unité anti-corruption Lahav 433, au mois de mars, qu’il souhaitait modifier certaines parties essentielles des témoignages qu’il avait livrés dans le dossier.

Il dément dorénavant tout dessous de table.

Selon la police, des responsables israéliens avaient reçu des pots-de-vin pour faire avancer un important accord portant sur l’achat de navires militaires à hauteur de millions de dollars, dans une affaire qui, selon certains, pourrait être le plus grand scandale de corruption présumée de toute l’histoire du pays.

Ganor, ancien intermédiaire au sein de l’Etat juif du fabricant naval allemand Thyssenkrupp, avait signé un accord avec les procureurs au mois de juillet 2017 selon lequel il acceptait de devenir témoin de l’accusation et de coopérer à l’enquête – consacrée à la période durant laquelle il avait été au service de l’entreprise, entre 2009 et 2017.

Il avait reconnu à ce moment-là avoir être impliqué dans des pots-de-vin versés pour aider à garantir la signature du contrat entre Thyssenkrupp et le ministère israélien de la Défense.

Plus tard, revenant sur son témoignage, Ganor avait clamé que s’il maintenait les faits qu’il avait communiqués à la police, les paiements qu’il avait reçus étaient des frais de conseil et non des pots-de-vin. Il a expliqué avoir subi des pressions de la police.

Ganor avait été emprisonné au mois de mars après être revenu sur certaines parties de son témoignage. Un tribunal avait ensuite accepté une requête déposée par la police, visant à autoriser Ganor à retourner chez lui.

Le 20 février, la cour des magistrats de Rishon Lezion avait convenu que les soupçons nourris à l’encontre de Ganor – d’obstruction à la justice, de pots-de-vin, de fraude et de blanchiment d’argent – devaient faire l’objet d’une nouvelle enquête à la lumière de sa nouvelle version des événements.

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