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Dans les laboratoires de l’AIEA, la délicate surveillance du nucléaire mondial

Le suivi des activités nucléaires de l'Iran est l'un des dossiers les plus délicats depuis la signature de l'accord par lequel l'Iran s'engage à ne pas développer l'arme atomique

Le siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne. (AFP/Joe Klamar)
Le siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne. (AFP/Joe Klamar)

C’est dans la campagne autrichienne que se joue aussi le sort de l’accord nucléaire avec l’Iran : à Seibersdorf, des scientifiques se consacrent à vérifier des échantillons de matériel radioactif prélevé lors de missions dans le monde entier.

Lorsque les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) rentrent de mission, c’est à 35 km de Vienne, où se trouve le siège de l’agence, qu’est déposé le fruit de la collecte menée sur des sites d’installations nucléaires à l’étranger.

Les laboratoires de l’AIEA à Seibersdorf sont au cœur du travail de surveillance de la non-prolifération du nucléaire à des fins militaires confié au gendarme des Nations Unies.

Le suivi des activités nucléaires de l’Iran est l’un des dossiers les plus délicats dévolus à l’AIEA depuis la signature en 2015 de l’accord entre Téhéran et les grandes puissances par lequel l’Iran s’engage à ne pas développer l’arme atomique.

Les laboratoires de l’AIEA disposent de deux sections : l’une pour analyser les matériaux stockés sur les sites nucléaires déclarés par les Etats, l’autre pour passer au crible des particules prélevées dans l’environnement des sites inspectés (sur un mur, une table etc…), qui pourraient révéler des activités non déclarées.

Echantillons anonymes

Dans le premier cas, les scientifiques de Seibersdorf ne travaillent pas directement sur les conteneurs où sont stockés les produits, mais sur des échantillons « de l’ordre de millionièmes de gramme », expliquait récemment Steve Balsley, chef du laboratoire des matériaux nucléaires, lors d’une visite de presse.

Environ 500 prélèvements de ce type sont examinés chaque année.

Dans le second cas, les experts utilisent un carré de tissu spécialement traité pour ramasser sur un site des particules et y rechercher des traces chimiques révélant le type d’activité nucléaire menée sur le lieu de prélèvement, comme par exemple de la conversion ou de l’enrichissement d’uranium.

« Tout processus nucléaire va laisser dans l’environnement des traces révélant le type de matériaux qui ont été utilisés sur un site », décrit Stephan Vogt, chef du laboratoire des échantillons environnementaux.

Les machines qui équipent les laboratoires peuvent, pour les plus précises d’entre elles, analyser une molécule de plutonium cinquante fois plus petite que le diamètre d’un cheveu.

Pour garantir la neutralité des analyses et éliminer les risques de biais, tous les échantillons sont anonymes et le pays de provenance n’est pas indiqué.

Les scientifiques de Seibersdorf s’appuient également sur un réseau de laboratoires partenaires dans différents pays.

« 60 à 70 % de notre travail est consacré à des tâches de contrôle de qualité pour garantir que les données que nous produisons sont inattaquables », explique M. Vogt.

Selon les rapports réguliers de l’AIEA, l’Iran a jusqu’ici respecté les fondamentaux de l’accord. L’AIEA dit avoir eu accès « à tous les sites et emplacements en Iran qu’elle souhaitait ».

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