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Décès d’Yves de Daruvar, un des derniers compagnons de la Libération

Grand-Croix de la Légion d’honneur, il était le dernier Compagnon ayant servi au sein de la légendaire 2e division blindée du général Leclerc pendant la seconde guerre mondiale

Yves De Daruvar, à droite, avec Hubert Germain, tous deux compagnions de la Libération, aux Invalides à Paris, le 22 septembre 2017. (Crédit  : AFP/ Thomas Samson)
Yves De Daruvar, à droite, avec Hubert Germain, tous deux compagnions de la Libération, aux Invalides à Paris, le 22 septembre 2017. (Crédit : AFP/ Thomas Samson)

Le compagnon de la Libération Yves de Daruvar, l’un des derniers survivants de cet ordre prestigieux créé par le général de Gaulle, est mort lundi à l’âge de 97 ans, a annoncé l’Elysée dans un communiqué.

Grand-Croix de la Légion d’honneur, Yves de Daruvar était le dernier Compagnon ayant servi au sein de la légendaire 2ème division blindée du général Leclerc pendant la seconde guerre mondiale.

Sa disparition porte à cinq le nombre de Compagnons de la Libération encore en vie, dont Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin, le coordinateur de la résistance française, sur les 1 038 qui avaient été distingués pour leur engagement au sein de la France libre pendant l’Occupation allemande.

Le président Emmanuel Macron a salué la mémoire de cette figure du prestigieux régiment de marche du Tchad et exprimé « la gratitude de la Nation pour (ses) actes d’héroïsme ».

Yves de Daruvar, le 18 juin, 2008. (Crédit :
ERIC FEFERBERG / POOL / AFP)

Issu d’une vieille famille de la noblesse hongroise, Yves de Daruvar, né en 1921 à Istanbul en Turquie, émigre en France avec sa famille.

Lycéen à Paris, il prépare le concours de l’École coloniale lorsque la guerre éclate en septembre 1939.

Bien que n’étant pas de nationalité française, il tente, en vain, de s’engager auprès de la gendarmerie en juin 1940. Il parvient à embarquer clandestinement sur un bateau pour rejoindre l’Angleterre et s’engage dans les Forces françaises libres à Londres le 1er juillet 1940.

Affecté à la 1ère Compagnie de découverte et de combat du Régiment de Tirailleurs sénégalais du Tchad, il participe avec elle à la première campagne du Fezzan (février-mars 1942) sous les ordres du général Leclerc.

Il prend part aux campagnes de Tripolitaine et de Tunisie en 1943. Il y est blessé deux fois. Hospitalisé en Egypte, il interrompt son traitement médical pour être présent au moment de la campagne de France. Il rejoint le Régiment de marche du Tchad (RMT) et part pour l’Angleterre avec l’ensemble de la 2e DB du général Leclerc.

Yves de Daruvar débarque en Normandie début août 1944, où il prend le commandement d’une section et combat en Normandie.

Après la libération de Paris, chef de section au RMT, il est de nouveau grièvement blessé aux jambes le 17 septembre 1944 à Châtel-sur-Moselle (est), ce qui lui interdit de reprendre le combat.

Naturalisé français en novembre 1944, le lieutenant Yves de Daruvar peut alors reprendre ses études à l’École coloniale d’où il sort major. Il entame alors une carrière dans l’administration coloniale à Madagascar, en Mauritanie, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Sénégal et en Somalie, avant d’être Haut-commissaire de la République aux Comores de juillet 1962 à janvier 1963.

Il poursuivra ensuite sa carrière, jusqu’à sa retraite, au Commissariat à l’Énergie atomique.

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