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D’éminents chercheurs rejettent l’étude selon laquelle les Juifs ashkénazes sont originaires de Turquie

Des historiens juifs rejettent les conclusions de l'étude comme "l'un des grands bobards du 21e siècle", critiquant l'absence de comparaison de l'ADN des Juifs ashkénazes et séfarades

Des juifs hassidiques Satmar à Brooklyn. (Crédit : CC BY 2.0/Flickr/Gerald Rich)
Des juifs hassidiques Satmar à Brooklyn. (Crédit : CC BY 2.0/Flickr/Gerald Rich)

D’éminents savants de la démographie juive ont rejeté les conclusions d’une étude génétique publiée récemment, suggérant que les Juifs ashkénazes d’aujourd’hui sont originaires de convertis au judaïsme dans ce qui est la Turquie aujourd’hui.

Intitulée « Localisation des Juifs ashkénazes dans les villages primitifs des anciennes terres iraniennes d’Ashkénaze », l’étude du généticien Eran Elhaik de l’Université de Sheffield et de trois autres chercheurs a été publiée en mars dans la prestigieuse revue scientifique Genome Biology and Evolution par Oxford University Press.

L’étude est basée sur une analyse des génomes de 367 personnes, principalement des États-Unis, qui ont déclaré avoir une lignée ashkénaze.

Utilisant un outil appelé structure de la population géographique, les chercheurs ont comparé leurs génomes à ceux des non-Juifs des terres allemandes, du sud de la Russie et du Moyen-Orient. Une correspondance a été trouvée entre l’information génétique du groupe juif et celui des populations du nord-est de la Turquie.

Dans une interview à JTA, Sergio DellaPergola, éminent démographe du peuple juif de l’Université Hébraïque de Jérusalem, a qualifié l’étude, qui a été largement relayée par les médias traditionnels, de « l’un des plus grands bobards du 21e siècle », soulignant le très petit échantillon d’étude et l’absence d’analyse génétique des Juifs séfarades qui, selon lui, aurait miné les résultats.

Shaul Stampfer, professeur de judaïsme soviétique et d’Europe orientale à l’Université hébraïque, a également déclaré dans un courriel à JTA que la recherche d’Elhaik : « Est fondamentalement absurde. »

DellaPergola a déclaré qu’une recherche sérieuse aurait pris en compte la similitude génétique flagrante entre Séfarades et Ashkénazes, ce qui signifie que les Juifs polonais sont génétiquement plus semblables aux Juifs irakiens qu’à un non-juif polonais ».

Il a insisté sur la « grande similitude génétique » entre les ashkénazes et les Juifs de Rome, qui sont venus de la Terre d’Israël et plus tard de la Méditerranée. « En aucun cas l’explication que donne Elhaik sur l’origine des Juifs d’Europe ne peut s’appliquer aux Juifs de Rome. Par conséquent, son explication est erronée », a déclaré DellaPergola.

Qualifiant le travail d’Elhaik de « falsification » il a ajouté que l’équipe d’Elhaik « a retiré de l’équation les groupes de population qui auraient réfuté leurs conclusions, puis ont sélectionné les résultats qu’ils voulaient trouver. »

Interrogé, Elhaik a écrit dans un courriel à JTA : « Notre étude est la plus importante étude génomique sur les Juifs ashkénazes à ce jour et la première de son genre sur les yiddishophones, utilisant un outil impartial qui précise les coordonnées géographiques d’où l’ADN cible est originaire. »

Il a ajouté que « l’étude de l’ADN des non-juifs ashkénazes ne changerait pas l’ADN des juifs ashkénazes, ni l’origine prévue de leur ADN (c’est-à-dire l’ « ancien Ashkénaze », dans le nord-est de la Turquie). La proximité des « anciens Ashkénazes » aux terres slaves, plutôt qu’à l’Allemagne est une preuve supplémentaire qui soutient l’hypothèse de l’origine slave du yiddish ».

Stampfer a critiqué les recherches d’Elhaik auparavant, y compris l’étude d’Elhaik de 2012, également publiée dans la revue Genome Biology and Evolution et intitulée « Le chaînon manquant de l’ascendance européenne juive: comparaison des hypothèses Rhénanes et Khazares. »

La théorie contestée se base sur la conversion de masse présumée au judaïsme des Khazars – un royaume multi-ethnique éteint qui comprend les Iraniens, les Turcs, les Slaves et les Circassiens – au 8e siècle. Cette théorie n’est en général pas prise en compte par les études génétiques à cause de sa popularité dans la littérature antisémite et anti-sioniste, celle-ci parce qu’elle « est vue comme s’opposant à la notion de peuple juif, la présentant comme un canular », a déclaré DellaPergola.

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