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Des agents de sécurité d’une implantation soupçonnés dans une rixe mortelle

Des responsables israéliens locaux houspillent l'enquête de la police militaire après que des coordinateurs ont été interrogés au sujet de la mort d'un Palestinien en janvier

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des gaz lacrymogènes lancés sur des émeutiers palestiniens durant un affrontement dans le village de Mughayir,en Cisjordanie, le 27 janvier 2019. (Crédit :  ABBAS MOMANI / AFP)
Des gaz lacrymogènes lancés sur des émeutiers palestiniens durant un affrontement dans le village de Mughayir,en Cisjordanie, le 27 janvier 2019. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)

Des coordinateurs de la sécurité de quelques communautés israéliennes du centre de la Cisjordanie ont été interrogés sous caution par la police militaire pour leur rôle dans un affrontement ayant entraîné la mort d’un père de famille palestinien en janvier, ont fait savoir des dirigeants d’implantations lundi.

Dans une lettre ouverte adressée au chef du Commandement du Centre de l’armée, Nadav Padan, les dirigeants de l’implantation d’Amichai et de l’avant-poste d’Adei Ad, dont les coordinateurs ont été interrogés, affirme que la police militaire les a convoqués dimanche pour officiellement apporter un témoignage supplémentaire à l’incident du 26 janvier. Mais peu après leur arrivée, les deux hommes ont été informés qu’ils étaient interrogés sous caution.

La police leur a également confisqué leurs téléphones, considérés comme des preuves.

Hamdi Naasan, âgé de 38 ans, avait été abattu lors d’affrontements impliquant des résidents d’implantation, l’armée et des Palestiniens.

Les récits sur le déroulement des événements sont contradictoires : des Palestiniens ont affirmé que des habitants de l’implantation d’Adei Ad se sont rendus dans une oliveraie des alentours d’al-Mughayyir et ont attaqué des villageois, tirant des coups de feu et blessant plusieurs personnes. Les Palestiniens affirment que Naasan a été abattu dans le dos.

Les funérailles de Hamdi Na’asan dans le village de Mughayir,en Cisjordanie, le 27 janvier 2019. (Crédit : Flash90)

Dans les jours suivant les affrontements, la police militaire avait convoqué l’équipe de sécurité pour l’entendre et lui confisquer ses armes afin de déterminer laquelle avait tiré la balle ayant tué Naasan. Tsahal avait néanmoins affirmé à l’époque que les deux Israéliens, qui soutiennent avoir agi par légitime défense, n’étaient pas entendus comme suspects.

L’armée israélienne n’a pas souhaité donné suite aux demandes de commentaires concernant l’interrogatoire des coordinateurs.

‘Nous attendons de vous que vous agissiez avec sagesse pour mener à bien l’enquête et chasser les soupçons planant sur la capacité des coordinateurs de sécurité à agir dans le seul but de garantir la sécurité de nos résidents, » réclamait la lettre envoyé au Commandement central.

Par ailleurs, les responsables des implantations ont déploré que l’attitude des autorités « crée un un équilibre négatif de peur qui empêchera les responsables d’accomplir leurs missions comme attendu. Comment un coordinateur de sécurité est-il supposé protéger les résidents s’il sait qu’à l’issue de chacune de ses interventions, il sera convoqué pour être interrogé sous caution ?  »

De nombreuses implantations disposent d’équipes de civils chargées de la sécurité. Il s’agit généralement d’anciens militaires. Ils s’entraînent régulièrement et agissent en tant que premiers intervenants lors d’incidents sécuritaires avant que la police ou l’armée n’arrive sur les lieux.

Un adolescent israélien affirmant avoir été poignardé lors d’une échauffourée avec des Palestiniens en Cisjordanie. (Crédit : autorisation)

Cet incident avait déclenché une vive contestation, Israéliens et Palestiniens estimant que l’armée n’en avait pas fait assez pour les protéger.

L’armée avait déclaré que les signalements initiaux portaient sur « une confrontation physique » entre un résident d’Adei Ad et plusieurs Palestiniens, et que ce résident aurait été légèrement blessé.

« Peu après, un conflit a éclaté entre des civils israéliens et des Palestiniens dans la régions et des civils ont tiré des balles réelles », a déclaré l’armée dans un communiqué. « Un Palestinien a été tué et plusieurs autres ont été blessés. »

L’armée a indiqué avoir eu recours à des dispositifs anti-émeutes pour faire cesser l’altercation, et non pas à des munitions réelles. Des Palestiniens d’al-Mughayyir avaient contredit la version de l’armée et affirmé que les soldats avaient utilisé des balles réelles sur place.

Dans un communiqué, le jeune Israélien qui aurait été attaqué, a déclaré qu’il s’était éloigné de 200 mètres de l’implantation parce qu’il avait besoin d’être seul quand « soudain, j’ai vu trois Arabes qui m’ont tendu une embuscade. Ils m’ont attaqué, frappé et ont essayé de m’entraîner vers [leur] village. J’ai réussi à m’échapper vers Adei Ad, et en chemin, je me suis rendu compte que javais été poignardé au bras. J’ai vu du sang ».

Il avait affirmé avoir appelé l’équipe de sécurité de l’avant-poste, qui a « poursuivi les assaillants ». Il avait ajouté qu’il avait été légèrement blessé et qu’une hospitalisation n’était pas nécessaire.

Des enregistrements obtenus par Hadashot semblaient indiquer qu’un résident de l’implantation avait appelé l’armée une heure après le début de l’affrontement, et il disait que l’équipe chargé de la sécurité à Adei Ad avait été envoyée dans le village. L’armée lui a alors répondu que l’on
« n’envoie pas des soldats pour ça ».

Vingt minutes plus tard, un membre de l’équipe de sécurité a rappelé l’armée pour dire que « des vies sont en jeu ». La personne qui a appelé l’armée a confirmé qu’il parlait du village de Mughayyir et l’armée a répondu qu’un agent de la police des frontières était déjà sur place. Cependant, l’agent de sécurité a déclaré que la police était au sud du village, et non pas là où avait lieu l’affrontement.

De leur côté, les Palestiniens d’al-Mughayyir ont indiqué qu’ils étaient revenus sur les lieux quelques jours après pour réunir des preuves, mais que la police militaire ne leur avait pas demandé leur témoignage, préférant se contenter de la version des résidents de l’implantation.

L’envoyé des Nations unies Nickolay Mladenov avait qualifié la mort de Naasan de « choquante et inacceptable ! » sur Twitter et clamé qu’Israël « devait mettre un terme à la violence des résidents d’implantation et déférer les responsables devant la justice. »

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