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Des immigrants d’Ethiopie bravent le « racisme silencieux »

Un reportage décrit des Israéliens noirs se voir refuser l'entrée dans les clubs ou bien un emploi

Des Israéliens d'origine éthiopienne manifestent à Tel-Aviv contre la violence et le racisme dirigés contre eux, le 18 mai 2015. (Crédit photo: Tomer Neuberg / Flash90)
Des Israéliens d'origine éthiopienne manifestent à Tel-Aviv contre la violence et le racisme dirigés contre eux, le 18 mai 2015. (Crédit photo: Tomer Neuberg / Flash90)

Alors que des Israéliens d’origine éthiopienne étaient descendus lundi soir dans les rues de Tel-Aviv pour manifester contre le racisme dont ils sont les victimes, un reportage télévisé a cherché à donner une idée de la discrimination dirigée contre les membres de la communauté dans le pays.

Le reportage, du style « caméra cachée » a mesuré les expériences d’un Israélien blanc et d’un Israélien noir selon un certain nombre de paramètres : la recherche d’emploi, l’entrée dans une discothèque et la location d’un appartement – ostensiblement pour tester le niveau de partialité dirigée vers une personne parlant l’hébreu en fonction de la couleur de sa peau.

Les Israéliens d’origine éthiopienne et leurs partisans ont organisé des manifestations à travers le pays au cours des dernières semaines, suite à la vidéo publiée le mois dernier montrant un policier et un bénévole de police agresser le soldat israélo-éthiopien Damas Pakada à Holon. Les membres de la communauté dénoncent des décennies de racisme institutionnel.

Dans la première partie diffusée lundi, un homme blanc est presenté comme répondant à une offre d’emploi dans une boutique de vêtements de Tel Aviv. L’employée note ses coordonnées et jure de rester en contact.

Quelques instants plus tard, un Israélien noir entre dans le même magasin et réitère la demande d’emploi, mais à lui il est plutôt répondu qu’il n’y a pas de poste disponible et qu’il devrait tenter sa chance à nouveau demain.

Dans une autre scène, un journaliste blanc de la Deuxième chaîne cherche du travail dans un hôtel bien connu. On lui offre immédiatement un emploi de serveur au bar.

Un peu plus tard, un Israélien noir s’adresse au service de recrutement de l’hôtel et on lui dit qu’ils ne cherchent pas actuellement de serveurs – au lieu de cela, il lui est proposé des postes de cols bleus tels que le nettoyage des chambres et le tri des vêtements dans un entrepôt.

Dese Kasa, un Israélien d’origine éthiopienne a raconté le racisme silencieux et caché qu’il éprouve quotidiennement dans sa vie d’adulte.

« Quand j’étais un gamin, on me traitait de kushi; aujourd’hui, je ne suis plus appelé kushi mais personne ne veut m’employer », a dit Kasa, en utilisant une insulte en hébreu pour désigner les personnes noires. « On le voit dans leurs yeux. Je préfère qu’ils me traitent de kushi plutôt que de recevoir leurs regards. Regardez le genre de magasin où nous sommes, pensez-vous que nous avons quelque chose à faire ici ? »

Dans un droit de réponse, le magasin de vêtements et l’hôtel ont publié des communiqués disant qu’ils emploient des personnes de différentes origines et qu’en aucune façon ils ne tolèrent le racisme.

Equipé également d’une caméra cachée, Jeremy Artiah, un autre homme d’origine éthiopienne, ancien policier et soldat dans une unité d’élite de Tsahal, a tenté de rentrer dans un certain nombre de boîtes de nuit et bars de Tel-Aviv.

Il s’est vu refuser l’entrée sept fois sur huit, alors que d’autres personnes faisant la queue derrière lui étaient autorisées à entrer.

« Je suis encore un citoyen de seconde classe, je ne peux même pas entrer dans un club. C’est un sentiment vraiment difficile. Je ne veux pas rêver, mais ça me fait mal de voir ces jeunes enfants qui n’ont pas d’avenir, pas d’espoir », a déclaré Artiah.

Dans une autre scène, on voit un blanc cherchant à louer un appartement se rendant chez le propriétaire qui lui vante les avantages du logement.

Plus tard, en montrant son appartement à un Israélien noir, le même propriétaire ne met l’accent que sur ses problèmes et ses inconvénients.

« Je ne peux pas changer ma couleur de peau. Le fait que j’ai une peau sombre n’est pas une punition, c’est pour moi une fierté – que personne ne me prendra. Peut-être que dans le passé, je voulais être blanc, mais j’étais alors un gosse. Je ferai tout en mon pouvoir pour lutter contre ce [racisme] », a déclaré Artiah.

« Ça me fait juste tellement mal parce que nous avons pas d’autre pays ».

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