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Des milliers de manifestants réclament la démission de Netanyahu à Tel Aviv

Environ 5 000 personnes se sont rassemblées sur la place Habima de Tel Aviv munis de pancartes où l'on pouvait lire "Une démocratie forte, Israël fort"

Des activistes de gauche manifestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu en lui demandant de démissionner, sur la place Habima à Tel Aviv, le 30 novembre 2019. (Photo: Miriam Alster/FLASH90)
Des activistes de gauche manifestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu en lui demandant de démissionner, sur la place Habima à Tel Aviv, le 30 novembre 2019. (Photo: Miriam Alster/FLASH90)

Samedi soir, des milliers de manifestants ont appelé à la démission du Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une manifestation organisée à Tel Aviv.

Les manifestants se sont rassemblés sur la place Habima de la ville. Ils tenaient des pancartes où l’on pouvait lire des slogans tels que « Netanyahu, démissionne, Israël est plus important » et « Une démocratie forte, Israël fort ».

Environ 5 000 personnes étaient présentes au début du rassemblement, selon le site d’information Ynet. La Douzième chaîne a estimé qu’au moins 6 000 personnes y ont participé.

Un manifestant, résidant à Jérusalem, a expliqué à Ynet qu’il était venu pour « dire au plus lâche Premier ministre que nous ayons jamais eu qu’il doit démissionner et aller défendre son cas au tribunal. À part cela, je ne veux pas en entendre parler ».

Une autre manifestante a indiqué qu’elle était présente parce qu’elle « en avait assez de la corruption ».

« Il faut renvoyer Bibi à la maison », a-t-elle déclaré à Ynet, en utilisant le surnom de Netanyahu en Israël. « Il est corrompu ».

L’événement était organisé par le Mouvement pour un gouvernement de qualité. Il a eu lieu après une manifestation de mardi en soutien à Netanyahu à Tel Aviv, lors de laquelle plusieurs centaines de partisans se sont rassemblés pour apporter leur soutien au Premier ministre. Il affirme que des procureurs l’ont inculpé pour corruption dans une tentative de « coup d’Etat » judiciaire.

Mardi, la foule a agité des drapeaux israéliens et brandi des pancartes qui reprenaient la demande de Netanyahu « d’enquêter sur les enquêteurs ». On pouvait lire sur les pancartes : « Enquêtez sur [le procureur de l’Etat] Shai Nitzan », « La procureure Liat Ben-Ari en prison », « Arrêtez la persécution », et « Policiers ou criminels ? ».

Les partisans du Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’un rassemblement à Tel Aviv, le 26 novembre 2019. (Miriam Alster/Flash90)

Netanyahu, qui aurait hésité à s’adresser à la foule présente, n’était finalement pas venu. Le silence d’élus et de ministres du Likud avait également été très remarqué. Beaucoup d’entre eux sont ostensiblement restés muets, refusant de soutenir ou de critiquer leur chef.

Le 21 novembre, le procureur général Avichai Mandelblit a annoncé qu’il inculpait ce dernier dans trois affaires de corruption. Une heure plus tard, le Premier ministre tenait une conférence de presse dans laquelle il accusait les procureurs de chercher à l’évincer du pouvoir en utilisant de fausses accusations de corruption dans une « tentative de coup d’Etat ».

Netanyahu a affirmé que les enquêtes étaient entachées de nombreux vices de procédures et accusé les forces de l’ordre « d’application sélective » de la loi à son encontre.

« Je respecte profondément le système judiciaire en Israël. Mais il faut vraiment être aveugle pour ne pas voir que quelque chose ne va pas avec les enquêteurs de police et les procureurs. Nous assistons à une tentative de coup d’Etat avec des fausses accusations [à mon encontre] », a attaqué Netanyahu.

Mardi, Mandelblit a condamné les « menaces », les « mensonges » et les « calomnies infondées » à l’égard des forces de police, dans une critique ferme des tentatives de Netanyahu et de ses partisans de discréditer le système judiciaire.

« La démarche digne que nous adoptons n’est pas toujours suivie par d’autres », a dénoncé le magistrat, quelques heures avant la manifestation du Likud.

« J’entends des expressions, qui n’ont aucune place dans le discours public, adressées à la police et à certains des responsables qui y travaillent. J’entends des menaces. J’entends des mensonges. J’entends des calomnies infondées. C’est tout simplement choquant », a déploré le procureur général lors d’une conférence des procureurs de l’Etat organisée à Eilat.

Le ministère public n’a pas officiellement déposé plainte. En effet, la Knesset doit d’abord décider si elle accorde une immunité procédurale à Netanyahu, un processus qui – étant donné l’impasse politique actuelle et l’absence de gouvernement – pourrait s’étendre sur des mois.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors d’une réunion des partis de droite à la Knesset, le 20 novembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Mercredi, des négociations de la dernière chance entre le Likud et Kakhol lavan ont rapidement conduit à une nouvelle impasse. Moshe Yaalon, le numéro 3 du parti, a déclaré que son parti ne siégerait pas dans un gouvernement dirigé par Netanyahu, à moins qu’il ne soit blanchi des accusations criminelles qui pèsent contre lui.

Netanyahu a promis de rester en poste tout au long de son combat judiciaire. Il est visé par des accusations de corruption, de fraude et d’abus de confiance dans une affaire et pour fraude et abus de confiance dans deux autres.

Les deux scrutins, d’avril et septembre, n’ont pas permis de déterminer un gouvernement élu – une véritable première dans l’histoire politique israélienne. La Knesset a maintenant jusqu’au 11 décembre pour désigner un député chargé de former un gouvernement, autrement le Parlement sera dissous, et une troisième élection sera organisée, probablement en mars 2020.

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