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Des objets du quotidien revisités par des artistes au musée d’Israël

Les 120 œuvres de l'exposition "Jamais aussi bien qu'à la maison" sont agencées dans un intérieur séparé en pièces clairement identifiées par des inscriptions au sol sur le modèle des magasins Ikea

Le musée d'Israël, et la Knesset au second plan. Illustration. (Crédit : אסף.צ/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)
Le musée d'Israël, et la Knesset au second plan. Illustration. (Crédit : אסף.צ/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)

Une râpe démesurée aux aspérités menaçantes, une planche à repasser recouverte de phallus, le célèbre urinoir de Marcel Duchamp: le musée d’Israël présente dans une étrange maison des objets du quotidien revisités par des artistes contemporains.

Les 120 œuvres de l’exposition « Jamais aussi bien qu’à la maison », réappropriations artistiques d’objets de la vie de tous les jours, sont agencées dans un intérieur séparé en pièces clairement identifiées par des inscriptions au sol, entrée, salon, salle de bains…, sur le modèle des magasins Ikea, firme qui a participé au financement de l’événement.

« C’est la première fois que le sujet a été traité de cette façon, de l’époque de Duchamp à aujourd’hui: des objets domestiques transformés de multiples façons par des artistes sont rassemblés dans une quasi-maison, sorte de maison étrange au sein du musée d’Israël », souligne la conservatrice de l’exposition, Adina Kamien-Kazhdan.

C’est aussi, explique-t-elle, une façon de marquer le centenaire de la « Fontaine » de l’artiste franco-américain Marcel Duchamp (1887-1968), un urinoir en porcelaine qui avait fait scandale lors de sa présentation en 1917.

La "Fontaine" de l'artiste franco-américain Marcel Duchamp (1887-1968), un urinoir en porcelaine qui avait fait scandale lors de sa présentation en 1917. (Crédit : Gtanguy/Domaine public/WikiCommons)
La « Fontaine » de l’artiste franco-américain Marcel Duchamp (1887-1968), un urinoir en porcelaine qui avait fait scandale lors de sa présentation en 1917. (Crédit : Gtanguy/Domaine public/WikiCommons)

Dans « Jamais aussi bien qu’à la maison », l’œuvre retrouve sa place fonctionnelle originelle : dans la salle de bains.

Sont également présentées des œuvres de l’artiste franco-américaine Louise Bourgeois, du ponte du pop art Andy Warhol et de l’artiste japonaise féministe Yayoi Kusama.

Cette dernière est notamment l’auteure d’une planche à repasser recouverte de phallus, certainement l’une des œuvres les plus subversives de l’exposition, et selon sa conservatrice, un symbole de la domination masculine dans la sphère domestique.

« Les artistes évoquent de nombreux problèmes contemporains à travers ces objets du quotidien: la répartition des tâches entre les sexes à la maison, l’identité, la sexualité, la famille et comment nous construisons notre identité culturelle à travers la maison », estime Adina Kamien-Kazhdan.

Sur les 120 pièces exposées, 70 appartiennent à la collection du musée d’Israël et les autres ont été prêtées, entre autres, par la Tate Gallery de Londres, le MOMA de New York et le Centre Pompidou de Paris.

L’exposition est ouverte jusqu’au 29 juillet.

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