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Domestiques népalaises dans le Golfe : un rapport dénonce un trafic d’êtres humains

Ces femmes, attirées par des promesses d'emplois bien payés, se retrouvent piégées chez des particuliers qui confisquent leur passeport, et où elles subissent des violences physiques, psychologiques et sexuelles

L'aéroport international de Katmandu. Illustration. (Crédit : Ralf Lotys/CC BY 3.0/WikiCommons)
L'aéroport international de Katmandu. Illustration. (Crédit : Ralf Lotys/CC BY 3.0/WikiCommons)

Des responsables de l’immigration à l’aéroport international de Katmandou s’entendent avec des trafiquants pour envoyer illégalement des Népalaises travailler dans le Golfe, où elles sont souvent exploitées et maltraitées, a dénoncé mardi un rapport parlementaire.

La commission parlementaire qui a élaboré ce rapport accuse le gouvernement de n’avoir pas protégé les travailleurs népalais à l’étranger et de fermer les yeux sur les accusations de trafics d’êtres humains.

Plus de 60 % des domestiques népalaises parvenues illégalement dans le Golfe sont passées par l’aéroport principal de Katmandou, estime le rapport. Elles « voyagent avec des visas de tourisme via l’aéroport international Tribhuvan avec la complicité directe de responsables de l’immigration, du personnel naviguant, des responsables de la sécurité et des trafiquants. »

« Les autres voyagent via diverses villes en Inde, au Sri Lanka, en Chine et plusieurs pays africains », poursuit le rapport.

Des femmes saoudiennes à l'entrée d'un centre commercial, le 7 novembre 2013. Illustration. (Crédit : Fayez Nureldine/AFP)
Des femmes saoudiennes à l’entrée d’un centre commercial, le 7 novembre 2013. Illustration. (Crédit : Fayez Nureldine/AFP)

Ces femmes sont attirées par des promesses d’emplois bien payés dans des grands magasins ou des hôtels mais se retrouvent à travailler dans des domiciles privés où leur passeport est généralement confisqué.

Les défenseurs des droits de l’homme au Népal demandent de longue date au gouvernement de se montrer plus actif dans la protection des quatre millions de Népalais qui travaillent à l’étranger, principalement dans le Golfe et en Malaisie.

Les transferts de ces émigrés représentent près d’un tiers du PIB du Népal, selon des chiffres officiels, et ces militants soupçonnent les autorités de se montrer réticentes à faire pression sur les pays d’accueil.

« Le gouvernement ferme les yeux sur le problème du trafic d’êtres humains », a déclaré à l’AFP Mohna Ansari, la porte-parole de la Commission du Népal pour les droits de l’homme.

Des parlementaires de la commission ont rencontré des femmes qui s’étaient échappées de maisons où elles étaient maltraitées en Arabie saoudite, au Koweït, au Qatar et dans les Emirats arabes unis. Beaucoup avaient subi des violences physiques, psychologiques et sexuelles, selon le rapport parlementaire.

« Certaines femmes qui se sont échappées et se sont réfugiées dans un bureau de l’ambassade ont témoigné sur le trafic d’êtres humains mais le ministère des Affaires étrangères n’a pas demandé au ministère de l’Intérieur d’agir contre les coupables », ajoute le rapport.

Près d’un demi-million de Népalais au total ont quitté le pays pour chercher du travail à l’étranger en 2015 contre 200 000 en 2008, selon les derniers chiffres officiels disponibles. La majorité sont des hommes qui cherchent à travailler dans le bâtiment mais environ 20 000 femmes partent également chaque année.

Le Népal a tenté d’interdire aux femmes de partir pour des emplois domestiques dans des domiciles privés du Golfe après des accusations selon lesquelles elles y étaient souvent surchargées de travail, mal payées et maltraitées, mais cette mesure n’a guère été appliquée.

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