Duterte rend hommage aux 1 300 Juifs sauvés par les Philippines durant la Shoah
A la fin de sa visite en Israël, le président philippin a déposé une gerbe à un mémorial et rencontré un survivant de la Shoah, pris en charge par un Philippin
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Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président philippin Rodrigo Duterte a conclu sa visite de trois jours en Israël mercredi en rendant hommage aux efforts mis en oeuvre par son pays pour sauver des Juifs des persécutions nazies.
Vêtu d’une chemise blanche débraillée, il a déposé une gerbe au monument « Portes ouvertes » du parc mémorial de la Shoah à Rishon Lezion, et a brièvement échangé avec Max Weissler, l’un des 1 300 Juifs qui avaient fui vers les Philippines.
Duterte, dont la visite jugée par beaucoup comme inacceptable en Israël a fait couler beaucoup d’encre, en raison de ses propos, et notamment de sa politique de répression des stupéfiants, n’a pas prononcé de discours durant la cérémonie, qui aura duré cinq minutes.
Sa fille, Sara Duterte-Carpio, qui est juive, a accompagné son père durant la cérémonie.
Dov Zur, le maire de Rishon LeZion était également présent lors de l’évènement qui venait conclure la visite officielle de Duterte en Israël. Il s’est envolé jeudi matin pour la Jordanie.
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En 1939, quand le monde fermait ses portes aux Juifs européens, Manuel L. Quezon, alors président philippin, a autorisé la délivrance de 10 000 visas aux Juifs persécutés. A cause de la Seconde Guerre mondiale et l’invasion japonaise, seulement 1 300 Juifs ont atteint les Philippines.
Weissler, 88 ans, est né en Haute-Silésie (actuellement en Pologne). Son père avait quitté l’Allemagne nazie en 1939 et a pris la direction des Philippines. Max Weissler l’a rejoint deux ans plus tard en passant par la Russie et le Japon.
« Mes parents étaient pauvres. Nous avons vécu l’occupation japonaise », a confié Weissler au Times of Israel. Après avoir épousé Esther, une hiérosolomytaine, au Japon en 1961, le couple a émigré vers Israël.
Weissler est l’un des trois survivants dont les empreintes figurent devant le monument « Portes ouvertes » de Rishon Lezion.
Weissler, qui vit actuellement Hod HaSharon, a refusé de discuter du régime controversé de Duterte. « Regardez, j’ai quitté les Philippines il y a 50 ans. Je ne le connaissais pas à cette époque. »
« Je parle philippiin. J’ai quelqu’un qui s’occupe de moi et qui est philippin », a-t-il ajouté. « Je n’ai aucune raison de critiquer les Philippines. »
Le monument Portes ouvertes a été conçu par un artiste philippin Luis ‘Junyee » Yee Junior et a été inaugré en 2009.
Ses trois portes « symbolisent les actions humanitaires et le courage des Philippins qui ont accueilli des Juifs dans le cadre de la politique Portes ouvertes en 1939 », a indiqué le bureau de Duterte mercredi dans un communiqué.
« Ces portes ouvertes ont des motifs triangulaires qui représentent les triangles du drapeau philippin. En dessous du monument figure une étoile de David, pour marquer les relations étroites et amicales entre les Philippines et Israël ».
S’il a été chaleureusement reçu par les dirigeants israéliens, d’autres se sont montrés réticents à recevoir Duterte en Israël. Il est le premier président philippin à s’être rendu en Israël.
Mercredi, des dizaines de manifestants ont protesté contre le dirigeant autoritaire, pendant sa rencontre avec le président Reuven Rivlin, déplorant la répression contre les consommateurs et les vendeurs de drogue aux Philippines.
En 2016, Duterte avait dit qu’il serait « ravi de massacrer » les millions de narcomanes de son pays, se comparant à Hitler qui avait tué des millions de Juifs.
Il s’est ensuite excusé d’avoir mentionné les Juifs, mais pas d’avoir soutenu les meurtres de masse des personnes impliquées dans le commerce de stupéfiants.
Lundi, durant sa visite à Yad Vashem, il a qualifié Hitler de « dirigeant fou », affirmant qu’il « ne pouvait même pas imaginer le spectacle d’un homme pris d’une frénésie meurtrière, qui tue des personnes âgées, des femmes et des enfants ».
Le gouvernement de Duterte a reconnu avoir tué 5 000 personnes et arrêtés 50 000 personnes impliquées dans le trafic de stupéfiants : les groupes de défense des droits de l’Homme estiment que ces chiffres sont plus élevés en réalité et que la plupart de ces morts étaient des citoyens pauvres.
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