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Elor Azaria : « Je sais que j’ai agi correctement »

Le "tireur de Hébron" dit avoir agi comme il a appris à le faire durant ses entraînements, que l'ex-chef d'état-major a compromis son procès, qu'il s'agit d'une erreur judiciaire

Elor Azaria, condamné pour homicide involontaire pour avoir abattu un attaquant palestinien neutralisé en mars 2016, devant le tribunal militaire de la Kirya à Tel Aviv, le 30 juillet 2017. (Crédit : Avshalom Sasoni)
Elor Azaria, condamné pour homicide involontaire pour avoir abattu un attaquant palestinien neutralisé en mars 2016, devant le tribunal militaire de la Kirya à Tel Aviv, le 30 juillet 2017. (Crédit : Avshalom Sasoni)

Un ancien soldat israélien, inculpé pour homicide, qui a purgé une peine de prison pour avoir tué un terroriste palestinien déjà neutralisé, a déclaré dans une interview diffusée mercredi n’avoir aucun regret sur cet incident.

« Je n’ai aucun doute. Ramenez-moi aux quelques secondes qu’a duré l’incident à Hébron et j’agirais exactement de la même manière », a déclaré Elor Azaria à Israel Hayom.

« Parce que c’est ce qu’il fallait faire. »

L’interview survient trois mois après sa libération de prison. Azaria a purgé neuf mois d’une peine initialement prévue pour 18 mois, pour avoir tué Abdel-Fattah al-Sharif, un Palestinien qui avait poignardé un soldat israélien et qui avait déjà été neutralisé.

« Je suis en paix avec moi-même », a déclaré Azaria. « J’ai agi correctement. J’ai fonctionné selon ma vérité. J’ai fait ce qu’il fallait et tout ce qui s’est passé [après] n’était pas nécessaire. »

Raja, la mère d’Abdul Fatah al-Sharif (portrait), l’agresseur au couteau palestinien qui a été abattu par le soldat israélien Elor Azaria alors qu’il était blessé au sol en 2016, est assise dans sa maison dans la ville de Hébron, en Cisjordanie, le 8 mai 2018. (HAZEM BADER/AFP)

Dans des extraits de l’interview, dont la totalité sera publiée vendredi, Azaria dit être reconnaissant pour la chaleur avec laquelle il a été accueilli à sa sortie de prison.

« Cela ma rendu heureux, le peuple juif uni », a-t-il dit. « Il n’y a rien [de mieux] que le peuple juif. »

Cette affaire a créé de profondes divisions au sein de la société israéliennes. Certains, à droite pour la plupart, estiment qu’il s’est comporté en héros en tuant l’assaillant palestinien. D’autres pensent qu’il a enfreint la loi et méritait une punition plus sévère que celle qui lui a été infligée. »

Bien qu’il ait perdu son permis de port d’armes le mois dernier, Azaria a affirmé qu’il servirait comme combattant réserviste.

« J’aime le pays et j’aime l’armée », a-t-il dit. « Quand j’ai été relâché par l’armée, j’ai reçu un ordre m’assignant à une unité de réserve et un certificat en tant que soldat combattant dans la réserve. »

Azaria a toujours dit qu’il s’était correctement comporté durant cette fusillade, qui a été filmée, à Hébron, le 24 mars 2016.

Il dit avoir tiré sur Sharif parce qu’il pensait qu’il cachait une bombe sous ses vêtements et qu’il y avait un couteau à proximité. Il raconte que les gens suppliaient que quelqu’un fasse quelque chose. « Et j’ai fait exactement ce que l’on m’a appris depuis le début de mon entraînement en tant que combattant. »

L’armée avait rejeté les affirmations d’Azaria, invoquant la nonchalance du soldat au moment où il a tiré sur Sharif, et les propos qu’il a tenus devant ses soldats, à savoir que l’assaillant méritait de mourir pour avoir attaqué ses camarades.

Azaria a dit n’avoir été interrogé que deux heures après avoir tué Sharif, et seulement après que Moshe Yaalon, alors chef d’état-major, a publiquement condamné la fusillade.

« Où est la logique ? Si je n’ai été interrogé que deux heures après, comment le public peut-il décider qui ment ? », a-t-il dit. « Le porte-parole de l’armée israélienne a diffusé un communiqué avant-même que je sois interrogé en disant que le chef d’état-major jugeait cet incident très sévèrement. »

Elor Azaria, jugé coupable d’homicide après avoir tué un terroriste palestinien neutralisé, avec ses parents devant le tribunal militaire de Tel Aviv, le 24 janvier 2017. (Crédit : Debbie Hill/AFP)

Il a déclaré que son procès était une erreur judiciaire.

« Rien ne se serait passé, tout aurait continué sans qu’il n’y ait d’erreur judiciaire », a-t-il déclaré dans l’interview. « Et si tout un tas de responsables n’avaient pas ouvert leur bouche pour dire tout un tas de sottises. »

L’incident avait fait les gros titres parce qu’il a été filmé et rapidement relayé sur les réseaux sociaux.

« Je ne le digère toujours pas », a-t-il dit. « Je sais que j’ai bien agi, même si cela n’aide personne. Donc j’ai fait appel, même si tout le monde m’en a dissuadé, je n’en démordais pas. Il y a une seule vérité et je m’y tiendrais jusqu’à la fin, la tête haute. »

Il dit avoir rejeté un accord de plaidoyer dans lequel il aurait dû admettre avoir des remords « parce que personne ne peut comprendre les décisions d’un combattant en territoire ennemi. Je n’admets pas la culpabilité et je n’ai pas de remords. Mais je sais que j’ai agi correctement. »

Il a affirmé que la cour était biaisée vis-à-vis de lui quand il fait appel, a rejeté des témoins et ignoré des faits. « Mon témoin central, le témoignage du commandant de peloton, a été invalidé [par la cour] », a-t-il dit.

« Et pourtant, ils ont statué que j’étais coupable. Ce qui s’est passé, c’est qu’ils ont abandonné un soldat pour que les Palestiniens n’aient pas un jour de rage [qui aurait donné lieu à des émeutes], comme l’a expliqué Yaalon. Alors que les Palestiniens ont de nombreux jours de rage. »

Le porte-parole de l’armée israélienne a réagi à l’interview à Israel Hayom. « Ces allégations ont été soulevées par les avocats d’Elor Azaria pendant les deux procès. Azaria a été jugé coupable d’homicide. La décision de la cour parle d’elle-même. »

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