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Erdogan : Israël, « un Etat d’occupation » qui « tue des enfants »

"Ils attaquent Gaza avec leurs F-16. Pourquoi ? Parce qu'ils se disent 'Nous sommes forts'," a déclaré le président turc après une riposte israélienne survenue après des tirs de roquettes depuis Gaza

Le président turc Recep Tayyip Erdogan prend la parole lors de la réunion des chefs provinciaux du Parti de la justice et du développement (AKP) à Ankara, le 17 novembre 2017. (Crédit : AFP / ADEM ALTAN)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan prend la parole lors de la réunion des chefs provinciaux du Parti de la justice et du développement (AKP) à Ankara, le 17 novembre 2017. (Crédit : AFP / ADEM ALTAN)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié dimanche Israël d' »Etat terroriste » qui « tue des enfants », ajoutant qu’il « lutterait par tous les moyens » contre la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu.

« La Palestine est une victime innocente (…) Quant à Israël, c’est un Etat terroriste, oui, terroriste ! », a lancé M. Erdogan lors d’un discours enflammé à Sivas (centre).

« Nous n’abandonnerons pas Jérusalem à la merci d’un Etat qui tue des enfants », a-t-il ajouté.

« Nous allons lutter jusqu’au bout par tous les moyens » contre cette décision, a poursuivi le chef de l’Etat turc, rappelant qu’un sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) devait se tenir mercredi à Istanbul.

Lors de ce sommet, « nous allons montrer qu’appliquer cette mesure ne sera pas aussi facile que cela », a assuré M. Erdogan.

Lors de son discours, M. Erdogan a fait projeter derrière lui une photo montrant un adolescent présenté comme un Palestinien habitant à Hébron, en Cisjordanie occupée, emmené, les yeux bandés, par des individus en uniforme présentés comme des soldats israéliens.

« Voyez comment ces terroristes traînent cet enfant de 14 ans », a fulminé le président turc en désignant cette photo dont l’authenticité ne pouvait être vérifiée dans l’immédiat.

Ankara exhorte les pays musulmans à « dépasser les condamnations »

Le gouvernement turc a appelé dimanche les pays musulmans à « aller au-delà des condamnations » lors d’un sommet qui doit se tenir mercredi à Istanbul pour examiner la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël.

« Il faut qu’une position, une attitude allant au-delà des condamnations sorte » de ce sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), a déclaré le porte-parole du gouvernement turc, Bekir Bozdag, cité par l’agence de presse étatique Anadolu.

« En ce qui concerne les Palestiniens et Jérusalem, la Turquie a toujours suivi une politique très claire et nette, sans faire de zigzag », a-t-il soutenu. « La Turquie ne changera pas d’opinion ni de position, même si nous devons être les seuls ».

Samedi, il avait déclaré qu’Israël était un « Etat d’occupation » ayant recours « à la terreur », ajoutant qu’Ankara ne reconnaîtrait pas la décision américaine de désigner Jérusalem comme capitale de ce pays.

« Israël est un Etat d’occupation. En ce moment, avec leur police, ils ont recours à la terreur et frappent les jeunes et les enfants (palestiniens) », a lancé M. Erdogan lors d’un discours à Istanbul.

« Ils attaquent Gaza avec leurs (avions) F-16. Pourquoi ? Parce qu’ils se disent ‘Nous sommes forts’. Je le dis clairement : être fort ne signifie pas avoir raison », a ajouté M. Erdogan, après une riposte israélienne survenue après des tirs de roquettes de Gaza, enclave palestinienne contrôlée par le groupe terroriste palestinien du Hamas, proche d’Ankara.

Le président américain Donald Trump a reconnu mercredi Jérusalem comme capitale d’Israël, suscitant la colère des Palestiniens et des réactions de réprobation bien au-delà du Proche-Orient.

Deux terroristes palestiniens du Hamas ont été tués samedi dans des raids aériens israéliens sur Gaza en riposte à des tirs de roquettes palestiniens.

Le président turc a vivement critiqué la décision de M. Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu, indiquant qu’elle était « nulle et non avenue » pour Ankara.

« Trump essaie d’avancer en disant : ‘Ça y est, je l’ai fait, c’est bon’. Excusez-moi, mais (…) être fort ne vous donne pas ce droit », a déclaré M. Erdogan. « Les dirigeants des grands pays ont pour mission de pacifier, pas de déclencher des conflits ».

M. Erdogan a par ailleurs eu samedi des entretiens téléphoniques consacrés à Jérusalem avec plusieurs dirigeants, dont le président français Emmanuel Macron, selon l’agence de presse étatique turque Anadolu.

Cette « diplomatie du téléphone » précède le sommet de l’OCI qui doit réunir mercredi un aréopage de dirigeants de pays musulmans à Istanbul. Cette organisation a été créée en 1969 et compte 57 membres.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan tente de s’imposer comme le héraut de la cause palestinienne après la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par les Etats-Unis, profitant de la relative atonie des dirigeants arabes.

Pour « coordonner » l’action des pays musulmans après l’annonce faite mercredi par le président américain Donald Trump, M. Erdogan a invité leurs dirigeants à un sommet de l’Organisation de coopération islamique (OCI) à Istanbul la semaine prochaine.

Si les observateurs sont sceptiques quant à l’impact que pourrait avoir cette réunion extraordinaire de la principale organisation panislamique, elle permettra néanmoins à M. Erdogan de soigner sa popularité dans la région.

« Ô Trump, que fais-tu ? Quelle est cette approche ? Les responsables politiques doivent oeuvrer pour la réconciliation et non pas pour le chaos ! », a-t-il ainsi lancé jeudi.

Jérusalem est « une ligne rouge pour les musulmans », avait mis en garde M. Erdogan avant l’annonce officielle par M. Trump, estimant que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël pourrait provoquer la « rupture des relations » entre Ankara et l’Etat hébreu.

La décision américaine a suscité en Turquie de nombreuses réactions, notamment sur les réseaux sociaux où le mot-dièse #LaTurquieDeboutPourJérusalem est l’un des plus partagés ces derniers jours.

“On oublie souvent qu’il y a une affinité entre l’AKP (le parti de M. Erdogan) et le Hamas”, le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza, souligne Soner Cagaptay, chercheur au Washington Institute of Near East Policy.

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté vendredi à Istanbul à l’appel d’une ONG proche du pouvoir, brandissant des drapeaux palestiniens et scandant des slogans hostiles aux Etats-Unis et à Israël.

« La Palestine et la mosquée al-Aqsa sont notre coeur et notre sang », a dit à l’AFP l’un des manifestants, Sadik Cakmak. « La Turquie fait ce qui est nécessaire et nous avons entièrement confiance en ceux qui nous dirigent. »

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