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Erdogan: le tweet de Trump sur le Golan menace la région « d’une nouvelle crise »

Bien qu'hostile au régime d'Assad, le président turc ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale syrienne, craignant l'émergence d'une entité kurde à ses frontières

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'entretient avec le Premier ministre britannique Theresa May (hors cadre) lors de leur rencontre au 10 Downing Street dans le centre de Londres le 15 mai 2018. (AFP/Matt Dunham)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'entretient avec le Premier ministre britannique Theresa May (hors cadre) lors de leur rencontre au 10 Downing Street dans le centre de Londres le 15 mai 2018. (AFP/Matt Dunham)

La déclaration du président américain Donald Trump en faveur de la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan met la région au bord « d’une nouvelle crise », a estimé vendredi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

« La déclaration malheureuse du président Trump à propos du plateau du Golan met la région au bord d’une nouvelle crise, de nouvelles tensions », a déclaré le président turc à l’ouverture d’une réunion de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) à Istanbul.

« Il est hors de question pour la Turquie et l’OCI de rester silencieuses devant un sujet aussi sensible », a ajouté M. Erdogan. « Nous n’autoriserons jamais la légitimation de l’occupation du plateau du Golan ».

Bien qu’hostile au président syrien Bachar al-Assad, M. Erdogan ne cesse de dire son attachement à l’intégrité territoriale de la Syrie, craignant l’émergence d’une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Le président américain Donald Trump s’est prononcé jeudi en faveur de la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, une décision en rupture avec la position des Etats-Unis depuis des décennies.

Une annonce qui représente, à l’approche d’élections législatives à l’issue incertaine, un vrai coup de pouce pour le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui la réclamait haut et fort.

Israël a conquis une grande partie du Golan, soit 1 200 km2, lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l’a annexée en 1981, mais la communauté internationale n’a jamais reconnu cette annexion.

Quelque 23 000 druzes apatrides vivent sur ce territoire dans des villes et villages entourés d’implantations comptant environ 20 000 Israéliens.

Ardent défenseur de la cause palestinienne, le président Erdogan s’était déjà posé fin 2017 en héraut de la contestation du transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

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