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Eugène Handschuh, le dernier – presque – évadé du camp de Drancy s’en est allé

Si le projet de tunnel d'évasion du camp de Drancy n'a pas fonctionné, lui et son équipe ont tout de même réussi à se faire la belle du convoi qui les emmenait tout droit à Auschwitz

A gauche, Eugène Handschuh, disparu le 8 juillet 2017, dans le documentaire Les Évadés de Drancy (Crédit: capture d'écran Dailymotion)
A gauche, Eugène Handschuh, disparu le 8 juillet 2017, dans le documentaire Les Évadés de Drancy (Crédit: capture d'écran Dailymotion)

Le 8 juillet 2017 s’éteignait Eugène Handschuh, un des derniers artisans du tunnel d’évasion de Drancy.

Il était issu d’une famille « à gauche » racontait Eugène il y a un an à Libération, qui lui consacrait un portrait et racontait son épopée.

« Mon père était communiste. Il faisait même partie de l’armée rouge hongroise, » s’amusait cet homme juif originaire de Budapest.

Il n’est âgé que de 6 ans durant la fuite qui emmène sa famille de Budapest à Paris. Destination finale : le Marais. Quand la guerre éclate, lui et son frère, qui suivent le chemin paternel, s’engagent dans la Résistance.

Après une attaque à la grenade sur une « position allemande », ils deviennent clandestins tout en restant à Paris.

Mais le 28 décembre, raconte-t-il au journaliste Johan Hufnagel : « on s’est fait cueillir ».

« On avait des faux papiers, qui arrivaient à expiration ; il fallait récupérer les nouveaux à notre ancien domicile dans le Marais. Mais les gens qui les avaient se sont fait repérer, suivre » et le piège s’est refermé sur Eugène et son frère. Direction la gendarmerie, la gestapo, à la prison du Cherche-Midi au camp de Compiègne puis au camp de Drancy, point de départ vers une direction inconnue.

En attendant de partir, les prisonniers de Drancy dirigés par le SS Aloïs Brunner s’organisent et entre 40 et 70 d’entre eux, dont les frères Handschuh, se mettent à l’oeuvre pour creuser un tunnel, un vrai : 1m30 de haut et 80 cm de large. Comme dans la Grande évasion.

Alois Brunner (Photo credit: Wikicommons)
Alois Brunner (Crédit : Wikicommons)

Il ne restait que quelques mètres pour que le tunnel long de déjà 35 mètres n’aboutisse. Mais le projet s’évente et les prisonniers, après avoir été passés à tabac, rebouchent le tunnel. Puis c’est la déportation. S’ils ne connaissent par la destination finale de leur convoi, ils ont l’intuition qu’ils n’en reviendront pas.

Alors, grâce à leur détermination, leur force et quelques outils subtilisés, ils brisent les barreaux de leur wagon, et sont plusieurs à sauter du train, et à rejoindre leur planque parisienne.

L’épopée des frères Handschuh continue à Paris : « Lors de la libération de Paris, en août 1944, on est allé prendre la Kommandantur. Il a fallu protéger les Allemands, parce que les gens voulaient les lyncher. »

Longtemps plus tard, en 1980, des travaux municipaux mettent à jour le tunnel. L’histoire remonte à la surface et il devient un « monument protégé de France ».

Un documentaire rend hommage à cette tentative d’évasion : Les évadés de Drancy.

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