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Fabius : l’EI, « ce sont des monstres, mais ils sont 30 000 »

"Il serait inconcevable qu'un front de nations incluant la France, les Etats-Unis, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Russie, la Turquie et d'autres pays ne parvienne pas à les neutraliser," a déclaré le ministre français

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s'adresse à la presse devant l'Hôtel Palais Coburg, le lieu des pourparlers sur le nucléaire, à Vienne, en Autriche, le 27 juin 2015. (Crédit photo: Christian Bruna / AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s'adresse à la presse devant l'Hôtel Palais Coburg, le lieu des pourparlers sur le nucléaire, à Vienne, en Autriche, le 27 juin 2015. (Crédit photo: Christian Bruna / AFP)

Les membres de l’organisation Etat islamique (EI), qui a revendiqué les attentats de Paris, « sont des monstres, mais ils sont 30.000 », a déclaré dimanche à Brasilia le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Au plan militaire, « il faut lutter implacablement contre Daech », acronyme arabe de l’organisation, qui a revendiqué les attentats jihadistes du 13 novembre dans la capitale française (130 morts), a déclaré M. Fabius dans un entretien à l’AFP.

« Certes, ce sont des monstres. Mais ils sont 30.000 », a-t-il souligné.

Toutefois, « il serait inconcevable qu’un front de nations incluant la France, les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Russie, la Turquie et d’autres pays ne parvienne pas à les neutraliser », a dit M. Fabius.

« Mais parallèlement, il faut aussi trouver une solution politique à cette guerre (en Syrie, ndlr) qui a fait 300.000 morts, des millions de réfugiés, et qui a des conséquences dans toute la région, et on le voit, dans le monde entier », a déclaré le chef de la diplomatie française.

Le plan en vue d’une transition politique en Syrie adopté à Vienne représente de ce point de vue « une première lueur » d’espoir, a estimé M. Fabius.

Le calendrier de sortie de crise adopté à Vienne prévoit une réunion entre le régime du président syrien Bachar al-Assad et des membres de l’opposition d’ici au 1er janvier 2016, la formation d’un gouvernement de transition dans les six mois, l’adoption d’une nouvelle Constitution dans les 18 mois, puis la tenue d’élections libres.

Mais M. Assad a déjà remis en cause se calendrier qui ne pourra démarrer, a-t-il dit, qu’une fois qu’on « aura commencé à vaincre le terrorisme ».

La France et les Etats-Unis posent par ailleurs comme préalable à toute solution politique le départ de M. Assad du pouvoir, contrairement à la Russie.

« C’est extrêmement complexe et je ne dis pas qu’il sera facile de respecter ce calendrier », a commenté M. Fabius.

En même temps, les deux réunions de Vienne ayant débouché sur ce calendrier ont été importantes selon lui, car outre les membres du Conseil de sécurité de l’ONU, elles ont réuni pour la première fois autour de la table d’autres puissances régionales clés comme l’Arabie saoudite et l’Iran.

« Il faut que les acteurs se parlent et que se dégage un chemin », a déclaré le ministre français.

Le président français François Hollande, accompagné de M. Fabius, aura des entretiens sur la Syrie mardi à Washington avec le président américain Barack Obama et jeudi à Moscou avec le président russe Vladimir Poutine.

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