Fermeture du bureau de l’OLP : Abbas songerait à rompre tout lien avec Trump
Le chef de l'AP pourrait rompre les liens sécuritaires avec Washington, considéré comme "ennemi des Palestiniens" et met en garde contre une explosion de violence
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L’Autorité palestinienne envisage de rompre ses derniers liens avec le gouvernement américain, et notamment une coopération sécuritaire cruciale, après une série d’initiatives prises par l’administration Trump contre les Palestiniens et notamment la fermeture du bureau de l’OLP à Washington, a fait savoir mardi la Dixième chaîne israélienne.
Selon cette dernière, des responsables proches du président de l’AP, Mahmoud Abbas, auraient dit que les mesures américaines – qui ont également inclus l’arrêt du financement de l’agence des réfugiés de l’ONU qui s’occupe des Palestiniens et celui de l’argent versé aux hôpitaux de Jérusalem-Est – pourraient entraîner une flambée de violences dans la région.
« Les liens entre l’AP et Trump se sont détériorés et ils ont atteint un point si bas, jamais connu » que Ramallah réfléchirait à rompre tous les liens restants, a fait savoir le reportage, reprenant des propos de responsables de l’Autorité palestinienne.
“Trump est devenu un ennemi du peuple palestinien et un ennemi de la paix », auraient-ils ajouté, selon la Dixième chaîne. « Le président américain encourage le terrorisme et l’extrémisme par des politiques qui pourraient entraîner des violences dans la région qui exploseront aux visages d’Israël et des Etats-Unis ».
L’administration Trump a mis un terme à toutes les aides versées aux Palestiniens, cette année, à l’exception de 42 millions de dollars octroyés pour les efforts de coopération sécuritaire en cours.
Malgré des tensions avec Israël de longue date, la coordination sécuritaire entre les forces de sécurité palestiniennes et l’armée israélienne en Cisjordanie est très étroite et elle est une composante déterminante de la relation entre les deux parties.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué mardi l’administration Trump pour sa décision de faire fermer la mission de l’OLP.
« Les Etats-Unis ont pris la bonne décision« , a affirmé Netanyahu dans un communiqué transmis à l’issue de la fête de Rosh HaShana. « Israël soutient la décision américaine visant à dire aux Palestiniens qui refusent de négocier et qui se livrent à des attaques contre Israël dans les forums internationaux que ce n’est pas ainsi qu’ils peuvent parvenir à la paix », a ajouté le Premier ministre.
Les Palestiniens boycottent l’administration Trump, furieux contre les Etats-Unis qui ont reconnu Jérusalem en tant que capitale d’Israël au mois de décembre et qui y ont transféré leur ambassade au moi de mai, depuis Tel Aviv. Les Palestiniens revendiquent Jérusalem-Est comme capitale de leur futur état.
Malgré cela, des responsables palestiniens de la sécurité avaient continué à rencontrer les responsables de la CIA.
Les responsables ont également fait savoir qu’Abbas prévoyait de lancer une attaque diplomatique contre Trump et qu’il prépare un dur discours à son encontre pour l’Assemblée générale des Nations unies qui aura lieu à la fin du mois, a dit la Dixième chaîne. « Il prévoit de le qualifier par des mots qui ne sont pas du tout diplomates », auraient dit les officiels de l’AP, selon le reportage.
La colère des Palestiniens s’est encore intensifiée après que les Etats-Unis ont décidé de faire fermer la mission de l’Organisation de libération de la Palestine à Washington. Dans la matinée de mardi, l’envoyé palestinien à Washington a expliqué que ses équipes avaient un mois pour quitter le bureau.
Le département d’Etat américain a confirmé lundi qu’il ordonnait la fermeture de la mission de l’OLP à Washington, disant que les Palestiniens ne soutiennent pas des négociations de paix avec Israël.
« Nous avons permis au bureau de l’OLP de mener des opérations dans l’objectif de réaliser une paix durable et authentique entre les Israéliens et les Palestiniens depuis l’expiration d’une dispense antérieure en novembre 2017 », a commenté la porte-parole du département d’Etat Heather Nauert.
« Toutefois, l’OLP n’a effectué aucune démarche pour faire avancer le lancement de négociations directes et significatives avec Israël… Au contraire, les dirigeants de l’OLP ont condamné le plan de paix américain sans même l’avoir encore vu et ont refusé de parler avec le gouvernement américain au sujet de ses efforts de paix », a-t-elle ajouté. « En conséquence, l’administration a décidé que le bureau de l’OLP à Washington allait fermer pour l’instant », a-t-elle annoncé.
« Comment un esprit sain peut-il croire que ces gens puissent servir d’intermédiaires honnêtes ? », s’est interrogé mardi le haut-responsable de l’OLP Saeb Erekat, suite à l’initiative américaine de fermeture de la mission de l’OLP. « Ils ne sont plus des partenaires dans le processus de paix ».
Le reportage diffusé à la télévision israélienne a ajouté que l’AP était proche de rompre ses relations avec l’Egypte en raison des liens étroits entretenus par le Caire avec l’administration Trump et de son rôle de négociateur en vue d’une trêve entre Israël et le Hamas, concernant Gaza.
Mardi également, les Palestiniens ont démenti des informations parues sur le site arabophone Khaleej Online laissant entendre que l’administration Trump poussait les états arabes à accorder la citoyenneté aux réfugiés palestiniens qui vivent dans leurs pays.
« Ces informations sont totalement fausses », a déclaré au Times of Israel un membre du comité central du Fatah et du comité exécutif de l’OLP.
« Nous et les états arabes n’avons pas évoqué la naturalisation des réfugiés palestiniens », a-t-il poursuivi. « A chaque fois que je vais au Liban, je rencontre des chefs religieux différents, des politiciens et autres. La seule chose sur laquelle ils s’accordent tous, c’est qu’ils s’opposent à la naturalisation des réfugiés palestiniens ».
« Les responsables syriens nous disent toujours aussi qu’ils sont défavorables à la naturalisation des réfugiés palestiniens », a-t-il poursuivi.
Le statut de réfugiés palestiniens se trouve au cœur de la décision prise par l’administration Trump de cesser son financement de l’UNRWA.
De manière unique, l’UNRWA accorde le statut de réfugié à tous les descendants de Palestiniens ayant quitté ou fui Israël lors de l’établissement de l’état en 1948, faisant s’élever ce nombre, selon les estimations, à cinq millions de personnes aujourd’hui alors que le nombre de réfugiés réels dans ce conflit serait de quelques dizaines de milliers. Lors des négociations de paix, les dirigeants palestiniens ont toujours demandé un « droit au retour » en Israël pour ces millions de personnes – un afflux qui, s’il était accepté par Israël, signerait la fin de son statut d’Etat à majorité juive.
Israel affirme que cette demande des Palestiniens est une initiative – facilitée par l’UNRWA – visant à détruire Israël par l’arme de la démographie. Les Palestiniens veulent également un état indépendant en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est. Des mois de manifestations violentes attisées par le Hamas à la frontière de Gaza avec Israël avaient commencé sous la bannière de la « marche du retour » et elles avaient été encouragées par le Hamas avec l’objectif déclaré d’effacer la frontière et de détruire l’Etat juif.
Israël estime qu’un état palestinien indépendant, décidé dans le cadre de négociations, pourrait absorber les réfugiés palestiniens et leurs descendants tout comme Israël a intégré les réfugiés juifs d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique du nord au cours des décennies.
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