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'Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ?'

Fillon mercredi face aux juges, possible mise en examen en vue

Le candidat de la droite, en pleine tentative de relance de sa campagne présidentielle, pourrait être mis en examen dans l'affaire des soupçons d'emplois fictifs de sa femme

François Fillon pendant une conférence de presse de présentation de son programme, à Paris, le 13 mars 2017. (Crédit : Christophe Archambault/AFP)
François Fillon pendant une conférence de presse de présentation de son programme, à Paris, le 13 mars 2017. (Crédit : Christophe Archambault/AFP)

Nouvelles turbulences en vue pour François Fillon : le candidat de la droite, en pleine tentative de relance de sa campagne présidentielle, a rendez-vous mercredi avec les juges d’instruction, qui pourraient le mettre en examen dans l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs de sa femme à l’Assemblée nationale.

Attendu dans la matinée au pôle financier, le député de Paris sera interrogé puis mis en examen si les juges retiennent des « indices graves ou concordants » à son encontre, concernant notamment un possible détournement de fonds publics. Et ce à deux jours de la fin du dépôt, au Conseil constitutionnel, des parrainages nécessaires pour entériner les candidatures à la présidentielle.

Lundi sur Europe 1, il a de nouveau déploré un « calendrier » judiciaire « indexé sur le calendrier politique ».

Au cœur de l’affaire qui a bouleversé sa campagne, l’emploi, révélé fin janvier par Le Canard Enchaîné, de son épouse Penelope comme assistante parlementaire, de 1986 à 2013 avec des interruptions, alors qu’elle semblait jusque-là n’avoir eu aucun rôle politique à ses côtés.

François Fillon et son épouse Penelope pendant un meeting électoral à Paris, le 29 janvier 2017. (Crédit : Eric Feferberg/AFP)
François Fillon et son épouse Penelope pendant un meeting électoral à Paris, le 29 janvier 2017. (Crédit : Eric Feferberg/AFP)

François Fillon peut se voir accorder le statut plus favorable de témoin assisté.

« Compte tenu de la précipitation avec laquelle cette procédure est conduite, je ne me fais pas beaucoup d’illusions », a-t-il déclaré aux Echos, se disant « convaincu que [son] innocence sera reconnue. »

Le soupçon d’emploi fictif et les sommes totales en jeu, 680 000 euros nets (soit une moyenne mensuelle de 3 600 euros), ont durement écorné l’image du candidat, jusque-là épargné par les affaires, et qui avait marqué la campagne de la primaire à droite par cette formule revenue en boomerang : « Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? ».

François Fillon a encore fait face dimanche à des révélations sur les prix très élevés de vêtements de luxe offerts par un ami, dont deux costumes pour 13 000 euros chez Arnys en février.

Penelope Fillon le 28 mars

François Fillon serait le premier candidat majeur à une élection présidentielle à concourir avec le poids d’une mise en examen sur les épaules, après avoir promis qu’il se retirerait dans une telle hypothèse. Marine Le Pen y a échappé vendredi en refusant de répondre à une convocation des juges dans l’enquête sur des soupçons d’emplois fictifs chez les assistants des eurodéputés FN.

Rassemblement de soutien à François Fillon sur la place du Trocadéro, à Paris, le 5 mars 2017. (Crédit : Geoffroy Van Der Hasselt/AFP)
Rassemblement de soutien à François Fillon sur la place du Trocadéro, à Paris, le 5 mars 2017. (Crédit : Geoffroy Van Der Hasselt/AFP)

Favori de la présidentielle à l’issue de la primaire à droite, François Fillon a vu sa candidature mise en question jusque dans son propre camp en raison de cette affaire. Les appels au « plan B » se sont multipliés jusqu’à ce qu’il obtienne il y a une semaine le soutien clair de son parti, Les Républicains, au lendemain d’un rassemblement de dizaines de milliers de partisans au Trocadéro.

S’il a pu poursuivre sa campagne, il a subi plusieurs défections, son porte-parole Thierry Solère, son directeur de campagne Patrick Stefanini, Bruno Le Maire, et les sondages d’intention de vote n’envisagent plus sa présence au second tour, le plaçant derrière le duo Macron-Le Pen. Lundi, il devait présenter son « projet pour la France » lors d’une conférence de presse. Jeudi, il sera en meeting à Caen.

Mercredi, François Fillon pourrait être interrogé pendant plusieurs heures par les juges Serge Tournaire, Aude Buresi et Stéphanie Tacheau, saisis du dossier depuis la fin février, après un mois d’investigations du parquet national financier.

L’interrogatoire devrait porter sur tous les volets de l’affaire : quelles étaient les missions de Penelope Fillon, mais aussi de ses enfants, Charles et Marie, employés comme assistants parlementaires lorsqu’il était sénateur, en 2005 ? François Fillon devra aussi s’expliquer sur son amitié et ses relations avec l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière, dont la Revue des deux mondes a salarié Penelope Fillon de mai 2012 à décembre 2013, en plus de ses fonctions rémunérées à l’Assemblée.

Dans le cadre de l’information judiciaire ouverte pour les délits de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, trafic d’influence et manquement aux obligations de déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), l’épouse de François Fillon sera à son tour entendue le 28 mars.

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