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Fondé par d’anciens nazis, le FPÖ arrivera-t-il à faire peau neuve ?

"Beaucoup de reproches ont été formulés à l'encontre du FPÖ, pour beaucoup injustifiés, pour d'autres, il faut bien le dire, justifiés", a affirmé Walter Rosenkranz

Des manifestants brandissent des bannières dénonçant le futur chancelier Sebastian Kurz et le prochain vice-chancelier du parti d'extrême-droite de la Liberté (FPO) Christian Strache durant une manifestation contre le nouveau gouvernement autrichien aux abords du palais présidentiel durant l'investiture du nouveau gouvernement autrichien à Vienne, en Autriche, le 18 décembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / JOE KLAMAR)
Des manifestants brandissent des bannières dénonçant le futur chancelier Sebastian Kurz et le prochain vice-chancelier du parti d'extrême-droite de la Liberté (FPO) Christian Strache durant une manifestation contre le nouveau gouvernement autrichien aux abords du palais présidentiel durant l'investiture du nouveau gouvernement autrichien à Vienne, en Autriche, le 18 décembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / JOE KLAMAR)

Le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) a annoncé mardi la mise en place d’une commission destinée à remettre à plat son histoire, deux mois après l’entrée de cette formation créée par d’anciens nazis dans le gouvernement du chancelier conservateur Sebastian Kurz.

Cette initiative intervient après plusieurs incidents ayant impliqué des membres du parti, notamment un cadre régional qui a dû démissionner en janvier après la découverte d’un corpus de chants pronazis au sein d’une corporation pangermaniste dont il était un dirigeant.

« Beaucoup de reproches ont été formulés à l’encontre du FPÖ, pour beaucoup injustifiés, pour d’autres, il faut bien le dire, justifiés », a expliqué le chef du groupe parlementaire de la formation, Walter Rosenkranz, au cours d’une conférence de presse.

« Nous faisons face au reproche latent selon lequel au sein du FPÖ les idées nazies et néo-nazies sont tolérées. Non, ce n’est pas toléré et ceux qui croient pouvoir imposer de telles idées chez nous n’ont rien à faire dans le parti », a-t-il ajouté.

Dirigée par l’ancien député FPÖ Wilhelm Brauneder, un professeur d’université à la retraite, la commission invitera également des chercheurs ou organismes indépendants à s’associer à ses travaux.

Parmi ceux-ci, le Centre de documentation et d’archive sur la Résistance (DÖW), une organisation de référence spécialisée dans la recherche sur le nazisme et le néo-nazisme en Autriche, très critique envers le FPÖ.

Dans une déclaration solennelle, le parti a par ailleurs souligné mardi « reconnaître sans réserve la République d’Autriche, la démocratie, le parlementarisme et l’Etat de droit ».

La position de cette formation concernant le statut de l’Etat autrichien a longtemps été ambigüe, le courant pangermaniste considérant l’Autriche, qu’Adolf Hitler avait annexée en 1938, comme une simple province allemande.

« En tant que membres du gouvernement, nous avons une responsabilité particulière », a relevé le secrétaire général du FPÖ, Harald Vilimsky, soulignant que le parti « rejette clairement le nazisme, le racisme et l’antisémitisme ».

Heinz-Christian Strache, président du parti d’extrême-droite autrichien (FPÖ), participe à un débat télévisé consacré aux élections législatives autrichiennes, à Vienne, le 15 octobre 2017 (Crédit : AFP / Vladimir Simicek)

La création de cette commission d’historiens, dont un rapport d’étape doit être rendu à l’automne, avait été promise le mois dernier par Heinz-Christian Strache, le chef du FPÖ et vice-chancelier.

Lui-même proche de cercles néo-nazis dans sa jeunesse, M. Strache s’est efforcé ces dernières années de polir l’image du parti, à la tête duquel il a succédé à Jörg Haider en 2005.

Le FPÖ reste toutefois considéré avec méfiance par la communauté juive d’Autriche et par Israël, qui boycottent tout contact officiel avec ses représentants.

Un député du Likud, Yehuda Glick, a récemment annoncé qu’il s’entretiendrait avec Heinz-Christian Strache, alors que le gouvernement israélien avait indiqué après la formation de la coalition autrichienne qu’il ne serait pas en contact avec les ministres issus de la formation.

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