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Gaza: le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit mardi

Lundi a été la journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de l'été 2014 dans la bande de Gaza

Des manifestants palestiniens se rassemblent le long de la barrière frontalière avec Israël, le 14 mai 2018. (JACK GUEZ/AFP)
Des manifestants palestiniens se rassemblent le long de la barrière frontalière avec Israël, le 14 mai 2018. (JACK GUEZ/AFP)

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir mardi au lendemain de violences meurtrières à la frontière de la bande de Gaza, où les soldats israéliens ont tué 55 émeutiers Palestiniens, lors de heurts et de manifestations contre l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem.

Organisée à l’initiative du Koweït, la réunion est programmée à 14H00 GMT, selon des sources diplomatiques.

La journée de lundi a été la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de l’été 2014 dans la bande de Gaza.

La direction palestinienne a crié au « massacre » alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a justifié l’usage de la force par le droit d’Israël à défendre ses frontières contre les agissements « terroristes » du groupe terroriste islamiste du Hamas, qui gouverne Gaza.

Ces évènements ont suscité une vive inquiétude internationale.

La Turquie et l’Afrique du Sud ont décidé de rappeler leur ambassadeur en Israël.

Les adversaires d’Israël et des organisations de défense des droits de l’Homme ont de nouveau condamné l’Etat hébreu pour usage disproportionné de la force.

Ses tirs ont tué 109 Palestiniens depuis le début le 30 mars de la « Marche du retour », qui voit des milliers de Gazaouis se rassembler régulièrement le long de la barrière de sécurité entre Israël et l’enclave palestinienne.

Ce chiffre pourrait augmenter puisqu’une nouvelle mobilisation est prévue près de la frontière mardi, jour où les Palestiniens commémorent la « Nakba », la « catastrophe » qu’a constituée pour eux la création d’Israël en 1948 et qui a été synonyme d’exode pour des centaines de milliers d’entre eux.

« Tous les moyens »

Tandis qu’à Jérusalem officiels américains et israéliens ont célébré un moment « historique » dans l’enceinte de la nouvelle ambassade, dans la bande de Gaza, dont la périphérie avait été déclarée zone militaire close, des dizaines de milliers de Palestiniens ont protesté toute la journée.

Des manifestants palestiniens se rassemblent le long de la barrière frontalière entre la bande de Gaza et Israël, le 14 mai 2018. (JACK GUEZ/AFP)

Les plus résolus ont affronté les tirs des soldats israéliens en allant lancer des pierres et en tentant de forcer la barrière.

Israël avait prévenu qu’il emploierait « tous les moyens » pour empêcher toute incursion en Israël de Palestiniens susceptibles de s’en prendre aux populations civiles riveraines.

Le Koweït a demandé une réunion en urgence mardi du Conseil de sécurité de l’ONU. Pour leur part, les Etats-Unis ont bloqué lundi l’adoption d’un communiqué du Conseil de sécurité qui entendait exprimer son « indignation et sa tristesse face à la mort de civils palestiniens exerçant leur droit à manifester pacifiquement ».

Les ONG Amnesty International est allé jusqu’à évoquer des « crimes de guerre ».

L’Union européenne et Londres ont appelé à la retenue, Paris a « condamné les violences ».

L’Iran a dénoncé un « jour de grande honte ».

La Turquie a accusé Israël de « terrorisme d’Etat » et de « génocide », estimant que les Etats-Unis partageaient la responsabilité du « massacre » à Gaza.

L’Etat hébreu réfute le caractère proclamé pacifiste de la mobilisation à Gaza et dit qu’elle sert de couverture aux tentatives du Hamas de s’infiltrer en Israël.

Selon l’armée israélienne, au moins trois équipes d’hommes en armes ont essayé de disposer des explosifs le long de la barrière et plusieurs membres du Hamas se sont déguisés en civil pour se fondre parmi les manifestants. Israël a bombardé lundi plusieurs positions du mouvement islamiste.

« Grand jour »

Dans l’enceinte de l’ambassade américaine, dont les alentours avaient été bouclés par des centaines de policiers, rien n’aurait permis de discerner ce qui se passait à Gaza.

Le secrétaire d’Etat Steve Mnuchin et Ivanka Trump dévoilent la plaque durant l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, le 14 mai 2018. (Crédit : AFP/ Menahem KAHANA)

Seul le conseiller et gendre de M. Trump, Jared Kushner, présent avec son épouse Ivanka –la fille du président américain– parmi des centaines d’invités, a paru faire une référence oblique aux évènements.

« Ceux qui provoquent les violences font partie du problème, pas de la solution », a-t-il dit.

Trump a de son côté salué le transfert à Jérusalem de l’ambassade des Etats-Unis comme « un grand jour pour Israël ».

La reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par M. Trump, concrétisée par le transfert de l’ambassade de Tel Aviv à Jérusalem, constitue une rupture avec des décennies de diplomatie américaine et de consensus international.

La décision américaine comble les Israéliens qui y voient la reconnaissance d’une réalité de 3 000 ans pour le peuple juif. Elle coïncide avec le 70e anniversaire de la création de l’Etat d’Israël.

Le statut de Jérusalem est l’une des questions les plus épineuses de l’insoluble conflit israélo-palestinien.

Israël, qui a conquis Jérusalem-Est en 1967 et l’a annexée, considère tout Jérusalem comme sa capitale « éternelle » et « indivisible ». Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

Pour la communauté internationale, Jérusalem-Est reste un territoire « occupé » et les ambassades ne doivent pas s’installer dans la ville tant que le statut n’en a pas été réglé par la négociation.

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