Génocide arménien : Hollande appelle la Turquie à poursuivre « l’effort de vérité »
"Il est temps de briser les tabous et que les deux nations, Arménie et Turquie, inventent un nouveau départ," a estimé le président français
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Le président français François Hollande a appelé mercredi soir la Turquie à poursuivre son « effort de vérité » à propos du génocide arménien commis il y a un siècle, estimant qu' »il est temps de briser les tabous ».
« L’effort de vérité doit se poursuivre et je suis convaincu que cette année du centenaire verra de nouveaux gestes, de nouvelles étapes sur le chemin de la reconnaissance », a-t-il déclaré au cours du dîner annuel du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France, à Paris.
Rappelant que les autorités turques avaient voulu il y a un an « s’associer à la commémoration et aux souffrances vécues par le peuple arménien », le chef de l’Etat français a cependant estimé qu’il ne s’agissait que « d’un premier mouvement » qui « ne peut s’arrêter là ».
François Hollande a rappelé qu’il avait déjà « salué ce signe » un an plus tôt lors d’un déplacement à Erevan, mais qu’il avait alors « souligné qu’il ne pouvait pas être suffisant ».
« Il est temps de briser les tabous et que les deux nations, Arménie et Turquie, inventent un nouveau départ », a-t-il exhorté.
Il y a un an, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre, avait fait un geste inattendu, présentant les condoléances de son pays « aux petits-enfants des Arméniens tués en 1915 ». Mais l’Arménie avait rejeté ces condoléances, réclamant reconnaissance du génocide et « repentir ».
La Turquie a toujours refusé d’admettre toute élimination planifiée, évoquant la mort d’environ 500.000 Arméniens alors qu’Erevan évalue le nombre des victimes à 1,5 million.
Pour François Hollande aussi, la loi sur la reconnaissance du génocide arménien votée le 29 janvier 2001 par le Parlement français « n’est pas une accusation à l’égard des vivants, c’est un devoir à l’égard des morts et un apaisement à l’égard des descendants » qui rend la négation du génocide « insupportable car elle est une insulte ».
« La liberté d’expression que nous voulons à tout prix préserver, n’est pas et ne sera jamais (l’occasion d’) une falsification » et « ne permettra jamais une apologie » d’un « crime contre l’humanité », a-t-il encore souligné.
François Hollande a confirmé qu’il se rendrait de nouveau à Erevan le 24 avril 2015 pour la commémoration du centenaire du génocide arménien.
Il a par ailleurs assuré que la France poursuivrait, sans se « résigner », ses efforts en faveur du réglement du conflit qui empoisonne depuis 20 ans les relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan autour de la région du Nagorny-Karabakh.
Cette enclave en territoire azerbaïdjanais est passée sous l’autorité de séparatistes arméniens soutenus par Erevan dans les années 1990 après une guerre qui a fait près de 30 000 morts, Bakou souhaitant toujours en reprendre le contrôle.
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