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Grève massive du secteur privé à Gaza contre la crise économique

Les pannes d'électricité, l'eau non-potable, les revenus en baisse et le taux de chômage qui s'élève à 46 % mènent l'enclave au bord du désastre

Des Palestiniens manifestent aux abords d'un centre de distribution de l'ONU à Rafah dans le sud de la bande de Gaza, le 21 janvier 2018 (Crédit : AFP/SAID KHATIB)
Des Palestiniens manifestent aux abords d'un centre de distribution de l'ONU à Rafah dans le sud de la bande de Gaza, le 21 janvier 2018 (Crédit : AFP/SAID KHATIB)

Le secteur privé entier à Gaza connaît la plus importante grève organisée depuis des années pour protester contre une crise économique qui ne cesse d’empirer, poussant de nombreuses entreprises à la faillite.

La grève devrait continuer jusqu’à 14 heures.

De nombreux rapports récents ont averti que l’enclave côtière est proche de l’effondrement. Ses 1,8 million d’habitants sont soumis à de fréquentes coupures d’électricité, n’accèdent pas à l’eau potable et le réseau cellulaire, dans la bande, est obsolète.

Même si l’Autorité palestinienne a pris le contrôle du carrefour de Kerem Shalom – principal point d’entrée de l’aide humanitaire et des biens de consommation dans le pays – depuis le début du mois dans le cadre d’un accord passé avec les dirigeants du groupe terroriste du Hamas au pouvoir à Gaza, le pouvoir d’achat des consommateurs est en déclin constant, a fait savoir lundi la chaîne Hadashot.

« J’ai 80 ans et je n’avais jamais vu une situation comme celle-là », a expliqué une femme à la chaîne de télévision.

Maher al-Taba, porte-parole du ministère du Commerce de Gaza, a indiqué que « la situation économique à Gaza est sur le point de s’effondrer. Tous les indicateurs économiques le montrent. Et par dessus tout, le taux de chômage a d’ores et déjà atteint les 46 %. Plus d’un quart d’un million de personnes est sans emploi ».

Un Palestinien attend les clients au marché de Fras à Gaza le 21 janvier 2018 (Crédit : AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

Certains Gazaouis reprochent au Hamas cette situation, même si le blocus israélien imposé à la bande et les efforts menés par le président Mahmoud Abbas pour faire pression sur le groupe terroriste sont des facteurs qui contribuent au malaise économique. Dimanche, plusieurs Palestiniens ont manifesté aux abords d’un centre de distribution de l’agence de secours aux réfugiés palestiniens des Nations unies, l’UNRWA, pour protester contre la coupe des financements américains.

« Avant, on rêvait de retourner à Haïfa et à Jaffa et de libérer Jérusalem. Aujourd’hui, on rêve qu’il y ait l’électricité, et l’eau, et des traitements médicaux. On rêve qu’il y ait à manger sur la table », a commenté le comédien local Adel al-Mashuchi.

Un autre habitant de Gaza a publié une vidéo de lui-même hurlant de rage : « Vous, qui avez la charge de la Cisjordanie et vous, qui avez la charge de Gaza, vos voitures coûtent 100 000 dollars et les gens, à Gaza, n’ont rien à manger ! Ils vivent en enfer ! »

Cela fait une décennie que la bande de Gaza est soumise à un blocus de la part d’Israël et de l’Egypte, et son seul point de passage frontalier avec l’Egypte, au sud, n’est qu’occasionnellement ouvert.

Le Hamas, un groupe terroriste qui recherche la destruction d’Israël, tient Gaza d’une main de fer depuis qu’il a pris le contrôle de l’enclave côtière en 2007. Depuis, il a mené trois guerres avec Israël, lancé des milliers de roquettes sur le territoire israélien et creusé un réseau élaboré de tunnels d’attaque.

Un camion chargé d’aide humanitaire turque entre dans la bande de Gaza par le poste-frontière de Kerem Shalom, le 4 juillet 2016. (Crédit : ministère de la Défense)

Israël indique que ce blocus est nécessaire pour empêcher le Hamas d’importer des armes vers Gaza ou le matériel nécessaire à leur fabrication. Les produits qui entrent à Gaza transitent d’abord en Israël pour inspection puis ils sont ensuite livrés en camion au sein du territoire palestinien, après l’élimination des objets considérés comme posant un risque à la sécurité.

Au moins 70 % des Gazaouis dépendent de l’aide internationale. L’Office de secours des Nations unies joue un rôle majeur dans la bande, tandis que le même pourcentage de personnes dans la population est considéré comme réfugié.

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