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Heiko Maas : des lois rédigées par les nazis sont encore en vigueur

Le ministre allemand de la Justice affirme que son ministère porte un « regard autocritique sur les lacunes de notre passé »

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le ministre des Affaires étrangères allemand Heiko Maas, en novembre 2014. (Capture d'écran : YouTube/UdL Digital)
Le ministre des Affaires étrangères allemand Heiko Maas, en novembre 2014. (Capture d'écran : YouTube/UdL Digital)

Sept décennies après la fin de la Seconde Guerre mondiale, des parties importantes du code juridique allemand, toujours en vigueur, datent de l’époque nazie et doivent être changées, a déclaré mardi le ministre de la Justice allemand, Maas, à Jérusalem.

Lors d’une conférence sur l’antisémitisme, Heiko Maas a qualifié ce fait d’ « absolument inacceptable ».

Il a ajouté avoir lancé un processus pour remplacer ces lois, une déclaration qui a suscité l’admiration d’un haut ministre israélien.

Pour mieux lutter contre l’antisémitisme au présent, le ministère allemand de la Justice a dit avoir un « regard autocritique sur les défaillances de notre passé », a déclaré Maas.

« Incidemment, l’un de ces défauts est le fait que dans l’Allemagne d’aujourd’hui, il y a encore en vigueur des lois rédigées par des juristes nazis. »

L’assassinat est un cas d’espèce, affirme le ministre.

« De manière absurde, le crime même, qui implique le plus haut degré de culpabilité et prévoit la peine maximale, est toujours défini selon la formulation des juristes nazis en 1941. Je trouve cela absolument inacceptable, c’est la raison pour laquelle j’ai créé une commission chargée de rédiger une nouvelle version de notre droit pénal. Et je suis plein d’espoir que nous serons bientôt en mesure d’extirper la dernière réminiscence de la législation nazie de nos livres, une fois pour toutes. »

S’exprimant juste après Maas, le ministre des Affaires de la Diaspora, Naftali Bennett, a salué le dignitaire allemand pour avoir parlé « avec courage et franchise ». « Je n’avais pas connaissance de certaines des choses dont vous avez parlé. Je ne savais pas que le code pénal de l’Allemagne remonte à 1941. Mais vous agissez à ce sujet », a salué Bennett.

Intervenant à l’ouverture du 5e Forum mondial organisé par le ministère des Affaires étrangères pour la lutte contre l’antisémitisme, Maas a également parlé de la commission indépendante académique, créée par son ministère en 2012, pour enquêter sur la façon dont le passé nazi était géré dans les années 1950 et 60.

« Entre autres, le but de la commission sera de savoir pourquoi le système de l’Allemagne a permis à tant de criminels nazis d’être libres », a déclaré Maas, ministre de la Justice depuis 2013.

Maas a affirmé que des chercheurs ont accès aux archives contenant des documents classifiés et personnels.

« Même si nous avons compris que les résultats ne seront pas flatteurs pour le système législatif allemand, nous voulons que la vérité historique voie enfin la lumière », a-t-il dit.

Le « Projet Rosenburg » (du nom de l’immeuble qui abritait le ministère de la Justice après la Seconde Guerre mondiale) a été initié par Sabine Leutheusser-Schnarrenberger.

Son porte-parole, Steffen Rülke, a déclaré au Times of Israel que le ministre avait « souligné que le projet est de la plus haute priorité ».

« C’est l’une des questions les plus importantes figurant sur l’agenda du ministère », a-t-il conclu.

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