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Hillary Clinton et Bernie Sanders jouent le sérieux contre l’épouvantail Trump

Les deux candidats démocrates s'opposent sur l'interventionnisme à l'étranger, les armes à feu et la politique économique

Hillary Clinton et Bernie Sanders lors d'un débat pour les primaires le 13 octobre 2015 (Crédit : capture d’écran YouTube/CNN)
Hillary Clinton et Bernie Sanders lors d'un débat pour les primaires le 13 octobre 2015 (Crédit : capture d’écran YouTube/CNN)

Les candidats aux primaires démocrates Hillary Clinton et Bernie Sanders ont joué samedi les leaders responsables face à la perspective d’un président Donald Trump, dont ils ont dénoncé les déclarations incendiaires et superficielles sur les questions de sécurité nationale et de diplomatie.

Hillary Clinton, le sénateur du Vermont Bernie Sanders et l’ex-gouverneur du Maryland Martin O’Malley se sont retrouvés à Manchester, dans le New Hampshire, pour le troisième débat de l’année, à 43 jours du début des primaires.

Dans la foulée de l’attentat de San Bernardino, perpétré par un couple musulman radicalisé, la première heure du débat a été entièrement consacrée au terrorisme et à la stratégie de lutte contre l’organisation Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak.

Trump « est en train de devenir le meilleur recruteur de l’EI », a déclaré Hillary Clinton, en affirmant que les jihadistes utilisaient les discours anti-musulmans du milliardaire dans leurs vidéos de recrutement, une assertion nouvelle.

« Je suis inquiète que la rhétorique des républicains, surtout de Donald Trump, envoie le message aux musulmans aux Etats-Unis et dans le monde entier qu’il y a un choc des civilisations, et qu’il y a une sorte de complot occidental ou de guerre contre l’islam », a dit l’ex-secrétaire d’Etat. « M. Trump fait un grand usage de la fanfaronnade et du sectarisme pour attiser les gens ».

Le milliardaire a été universellement condamné comme irresponsable y compris sur l’économie, le sujet de prédilection de Bernie Sanders.

« Voilà ce que j’ai envie de dire aux gens qui vont aux meetings de Donald Trump: il pense qu’un salaire minimum bas est une bonne idée », a dit le sénateur, seul élu socialiste du Sénat, qui milite pour une hausse de 7,25 à 15 dollars du salaire minimum fédéral.

Clinton, « trop agressive »

Pour marquer le contraste avec la virulence des débats républicains, où les invectives fusent, Hillary Clinton et Bernie Sanders ont ostensiblement joué la civilité, voire l’amabilité.

Bernie Sanders s’est même excusé auprès de Mme Clinton pour une querelle qui agitait le camp démocrate depuis deux jours. Un collaborateur du sénateur, depuis licencié, a profité d’une faille informatique pour consulter et récupérer des données électorales confidentielles de l’équipe Clinton.

« Non seulement je m’excuse auprès de Mme Clinton, j’espère que nous pouvons travailler ensemble sur une enquête indépendante », a déclaré Bernie Sanders. « Je veux aussi m’excuser auprès de mes soutiens. Ce n’est pas le genre de campagne que nous voulons mener ».

« J’apprécie sincèrement ce commentaire, Bernie », a répondu Hillary Clinton, semblant déclarer l’affaire close.

Les deux candidats ont néanmoins affiché des différences sur l’interventionnisme à l’étranger, les armes à feu et la politique économique, même si elles portaient plutôt sur des priorités que sur des divergences idéologiques.

Sur la Syrie, Hillary Clinton défend une zone d’interdiction aérienne et le départ rapide de Bachar al-Assad.

« Bien sûr qu’Assad est un terrible dictateur », a dit Bernie Sanders. « Mais ce n’est pas Assad qui attaque les Etats-Unis, c’est l’Etat islamique ».

Il n’a pas non plus manqué de rappeler aux téléspectateurs qu’Hillary Clinton avait voté en 2002 pour autoriser George W. Bush à envahir l’Irak. « Je crains que la secrétaire Clinton soit trop favorable aux politiques de changement de régime et un peu trop agressive, sans penser aux conséquences imprévisibles ».

Et Bernie Sanders a continué à attaquer Hillary Clinton sur ses liens avec Wall Street.

Est-ce que les grandes entreprises doivent aimer Hillary Clinton? a demandé le journaliste de la chaîne ABC. « Tout le monde devrait m’aimer », a répondu dans un sourire Hillary Clinton.

« Les patrons des grandes multinationales aimeront peut-être Hillary. Ils ne m’aimeront pas », a ensuite répliqué le sénateur.

Ce débat était le dernier de l’année, et avait été fixé par le parti un samedi soir, jour inhabituel pour un tel événement — qui plus est, le premier samedi suivant la sortie de Star Wars aux Etats-Unis. La campagne Sanders a implicitement accusé le parti d’avoir voulu minimiser les risques pour la candidate Clinton, en évitant les soirs de grande écoute.

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